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Stellantis a « 100 % » l’intention d’abandonner Brampton, dit Unifor

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 j

Le syndicat a rencontré les journalistes après avoir envoyé une lettre à la ministre Joly mercredi..

Stellantis veut quitter Brampton

Le constructeur automobile Stellantis a clairement indiqué son intention d'abandonner l'usine d'assemblage de Brampton, en Ontario, selon les déclarations de Lana Payne, présidente du syndicat Unifor, le 16 septembre 2026. Jusqu'en août 2023, Stellantis s'était engagé à maintenir une activité dans cette usine, notamment en y produisant un modèle électrique comme la Jeep Compass. Cependant, depuis février 2025, l'entreprise a suspendu la modernisation de l'usine, puis a annoncé en 2025 le transfert de la production du Jeep Compass aux États-Unis. Ces décisions ont conduit à l'arrêt de la production à Brampton depuis 2023. Stellantis justifie cette orientation par des conditions de marché imprévisibles et des exigences réglementaires contraignantes, qui ont rendu le projet initial non viable économiquement. Le site est actuellement inactif, et Stellantis privilégie une vente de l'usine plutôt que de le laisser à l'abandon.

Roshel rachète l'usine

L'entreprise canadienne Roshel, spécialisée dans la conception de véhicules militaires et de blindés, est en discussion avec Stellantis pour racheter l'usine de Brampton. Roshel a confirmé son projet de transformer le site en un centre d'excellence canadien dédié à la fabrication d'équipements de défense, en complément de ses activités actuelles dans l'automobile. L'entreprise a déjà reçu une commande de 20 véhicules blindés de l'Agence de contrôle de l'immigration des États-Unis (ICE) en décembre 2024, ce qui renforce sa crédibilité. Roshel promet de créer plus de 2 000 emplois et de produire des équipements comme de l'acier balistique, un matériau résistant utilisé dans la fabrication de véhicules militaires. Cependant, la concrétisation de ce projet dépend des contrats gouvernementaux, notamment ceux liés aux achats de véhicules utilitaires légers par le gouvernement fédéral.

Unifor demande l'intervention du gouvernement

Le syndicat Unifor, représenté par Lana Payne, a écrit le 16 septembre 2026 à la ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, pour demander une intervention afin d'empêcher la vente de l'usine de Brampton à Roshel. Unifor craint que cette transaction n'aggrave la situation des travailleurs mis à pied depuis 2023 et n'affaiblisse davantage le secteur automobile canadien. Jusqu'à présent, la ministre n'a pas répondu à cette demande. Un porte-parole d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada a confirmé que le gouvernement était au courant des discussions entre Stellantis et Roshel, mais a précisé qu'il ne pouvait pas spéculer sur des discussions commerciales confidentielles. Il a ajouté que le fédéral utiliserait les outils disponibles pour protéger les travailleurs et préserver le rôle de Brampton dans le secteur manufacturier canadien.

Ce que ça pourrait changer

Stellantis Canada, représentée par sa porte-parole **Louann Gosselin**, reconnaît l'incertitude autour de l'avenir de l'usine de Brampton et l'impact sur les employés et la communauté locale. L'entreprise explique que les *politiques commerciales imprévisibles*, les *exigences réglementaires contraignantes* et les *pressions liées à l'accessibilité financière* ont rendu le projet initial non viable. Stellantis affirme avoir préféré la proposition de Roshel à l'abandon pur et simple du site, estimant que cette solution offre une *voie crédible* pour créer des emplois et redonner une vocation productive à l'usine. Aucune transaction définitive n'a encore été conclue, et Stellantis reste ouverte à des discussions avec Unifor et Roshel pour mieux comprendre leurs projets. L'entreprise insiste sur son engagement continu dans la fabrication et la recherche et développement au Canada, notamment dans son usine de **Windsor**, qui emploie plus de 4 000 travailleurs.

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