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Climat : 12,5 milliards de tonnes de glace perdues en 47 ans au Groenland et en Antarctique

Trust My Science · mis à jour 24 sept.

Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique ont perdu environ 12,5 milliards de tonnes de glace depuis 1979. Cette perte de masse a contribué à une hausse du niveau moyen de la mer telle que, pour chaque centimètre d’élévation, environ 3 millions de personnes supplémentaires sont exposées à des inondations annuelles.

Fonte massive des glaces

Entre 1979 et 2026, les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique ont perdu environ 12,5 milliards de tonnes de glace. Cette perte équivaut à 11 309 milliards de tonnes, une quantité suffisante pour recouvrir l’ensemble des États-Unis continentaux sous une couche de 1,5 mètre de glace. Les chercheurs ont combiné 42 estimations issues d’observations satellitaires pour établir ce bilan, en intégrant des données de la NASA datant des années 1970. Cette fonte contribue à une élévation du niveau moyen des mers d’environ 3,1 centimètres depuis 1979. Les calottes glaciaires sont des masses de glace continentale, distinctes des glaces de mer, qui s’étendent sur des milliers de kilomètres carrés.

Impact sur les océans

Pour chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer, environ 3 millions de personnes supplémentaires sont exposées à des inondations annuelles. Cette relation entre la hausse des océans et les risques pour les populations côtières souligne l’urgence des enjeux climatiques. Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique contribuent à près d’un quart de cette élévation mondiale. Depuis les années 1990, le rythme de fonte s’est accéléré, et cette tendance devrait se poursuivre selon les modèles climatiques. Les scientifiques estiment que cette contribution à l’élévation des mers pourrait encore s’intensifier dans les décennies et siècles à venir.

Rôle des satellites

Les données satellitaires ont permis de reconstituer l’évolution des calottes glaciaires sur près d’un demi-siècle. Jusqu’aux années 1990, les chercheurs ne disposaient que de données limitées, car les observations satellitaires n’étaient pas synchronisées. En intégrant des données de la NASA datant des années 1970, une équipe internationale pilotée par l’Agence spatiale européenne (ESA) a pu établir un bilan plus complet. Cette collaboration a permis de quantifier la perte de masse des calottes avec une précision accrue, malgré des lacunes persistantes dans la synchronisation des données.

Origine de la fonte

Environ 84 % de la perte de masse des calottes glaciaires est liée à la dynamique des glaces, c’est-à-dire au déversement de glace dans l’océan, tandis que 16 % sont attribués aux variations du bilan de masse de surface, comme la fonte en surface ou les chutes de neige. Les chercheurs soulignent une tendance claire à la diminution de la masse des calottes, qui s’accentue de décennie en décennie. Cette accélération est directement liée au changement climatique, bien que la perte de masse ait accusé un retard d’environ une décennie par rapport à la hausse des températures.

Variations temporaires

Entre 2020 et 2023, le rythme de perte de masse des calottes glaciaires a temporairement ralenti, notamment en Antarctique oriental grâce à des chutes de neige exceptionnelles. Cependant, ce ralentissement est considéré comme temporaire et ne remet pas en cause la tendance générale. Selon Eric Rignot, glaciologue à l’Université de Californie à Irvine, cette interruption de trois ans ne représente qu’un simple accroc dans les statistiques. La hausse continue de la perte de masse est attribuée au climat, et la menace reste constante.

Ce que ça pourrait changer

Les données indiquent que l’accélération actuelle de la perte de masse des calottes glaciaires pourrait se poursuivre pendant des décennies, même si le réchauffement climatique était limité. Les modèles climatiques suggèrent que cette fonte devrait encore s’intensifier dans les années à venir. Les chercheurs insistent sur la nécessité de disposer d’estimations fiables des variations de masse pour mieux évaluer les impacts futurs sur l’élévation du niveau de la mer et les populations côtières. Ces projections sont essentielles pour anticiper les risques et adapter les politiques d’adaptation.

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