Macron propose plusieurs initiatives à Trump face à l’envolée des prix du pétrole
Paris proposerait une résolution du Conseil de sécurité garantissant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz..
L’envolée des prix du pétrole menace l’économie mondiale, poussant les dirigeants à chercher des solutions rapides. Ce phénomène s’explique par des tensions géopolitiques croissantes, notamment dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures (pétrole et gaz). Depuis février 2024, date du début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, ce détroit est partiellement bloqué en raison des tensions entre Téhéran et Washington. Résultat : les prix de l’essence et de l’énergie augmentent, ce qui pèse sur les ménages et les entreprises à l’échelle planétaire. Pour y remédier, le président français Emmanuel Macron a proposé plusieurs initiatives lors d’une rencontre avec son homologue américain Donald Trump, à New York, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU), un événement annuel où les dirigeants mondiaux discutent des crises internationales.
La France suggère une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (l’organe de l’ONU chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales) pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Ce texte, soutenu par des États membres, vise à sécuriser le passage des porte-conteneurs (navires transportant des marchandises) et des tankers (pétroliers), essentiels pour l’approvisionnement énergétique mondial. Actuellement, ce détroit est une zone de tensions : l’Iran, qui le contrôle partiellement, menace de bloquer le trafic en représailles aux sanctions américaines. Une mission multinationale, déjà lancée par la France et le Royaume-Uni avec une quarantaine de pays, tente de déminer et sécuriser la zone. Cependant, cette initiative reste conditionnelle à un arrêt des hostilités entre Washington et Téhéran, ce qui n’est pas encore le cas. L’objectif est de permettre aux deux pays de recentrer leurs discussions sur d’autres sujets, comme le programme nucléaire iranien (susceptible de produire des armes atomiques).
En parallèle, la France propose d’aider l’Arabie saoudite à protéger ses infrastructures énergétiques contre les attaques des Houthis, un groupe armé soutenu par l’Iran. Ces rebelles ciblent régulièrement des sites clés comme la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l’oléoduc Est-Ouest, une voie cruciale pour exporter le pétrole saoudien. Ces attaques ont déjà provoqué des interruptions dans les exportations, ce qui aggrave la crise énergétique mondiale. La France insiste sur le caractère strictement défensif de cette aide : il ne s’agit pas de participer au conflit, mais de prévenir de nouvelles perturbations. Le détroit de Bab el-Mandeb, autre point stratégique contrôlé par les Houthis, est également une zone de tension. Cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large pour stabiliser la région et éviter une escalade des prix du pétrole.
Emmanuel Macron a également abordé avec Donald Trump la possibilité d’une trêve énergétique dans le conflit en Ukraine, une guerre qui a débuté en 2022 avec l’invasion russe. Cette trêve consisterait à suspendre temporairement les attaques contre les infrastructures énergétiques en mer Noire, une zone où transitent des navires commerciaux et où se trouvent des oléoducs et gazoducs vitaux. L’Ukraine et la Russie s’accusent mutuellement de cibler ces infrastructures, ce qui aggrave la crise énergétique mondiale. La Turquie a d’ailleurs soumis un protocole d’accord aux deux belligérants pour mettre fin à ces attaques. Par ailleurs, Macron a évoqué la nécessité d’accélérer l’envoi de missiles intercepteurs (armes conçues pour détruire des missiles ennemis) à l’Ukraine, afin de renforcer sa défense contre les frappes russes. Ces discussions s’inscrivent dans un effort plus large pour trouver une issue diplomatique au conflit, tout en maintenant la pression sur Moscou.
La rencontre entre Macron et Trump s’est déroulée dans un contexte de tensions sur le rôle des États-Unis en Europe. La France et les autres pays européens demandent à Washington de **maintenir son soutien à l’Ukraine** et de **renforcer la pression sur la Russie**, notamment en maintenant les sanctions économiques. Cependant, les négociations tripartites (États-Unis, Ukraine, Russie) n’ont pas encore abouti à des avancées concrètes, malgré des missions américaines récentes à Kiev et Moscou. Macron a insisté sur la nécessité d’une **architecture de sécurité européenne** (un système de défense et de coopération entre pays européens) plus intégrée, où l’Europe jouerait un rôle plus actif. Cette approche vise à réduire la dépendance des Européens vis-à-vis des États-Unis, tout en évitant un désengagement américain qui affaiblirait la position de l’Ukraine. La discussion a été qualifiée de **très constructive** par Macron, mais aucun accord formel n’a été annoncé.

