NapseflowNapseflow
Généraliste

L’ingérence russe dans la campagne électorale américaine s’accentue

Le Devoir · mis à jour 23 sept.

Plusieurs analystes ont recensé des manipulations de contenu en ligne visant à miner le climat social..

Ingérence russe croissante

À quelques semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues en novembre 2026, la Russie intensifie ses tentatives d’influence sur le débat public américain. Selon Jean le Roux, chercheur en cybersécurité chez Graphika, ces opérations reprennent les méthodes utilisées lors des scrutins précédents (2016, 2020, 2024). Leur objectif est de semer la division au sein de la société américaine, en ciblant particulièrement les électeurs des régions où les démocrates sont favoris. Les services de renseignement américains ont confirmé, via des analyses classifiées citées par le New York Times, que Moscou a relancé ces campagnes après avoir visé d’autres cibles comme les élections en Allemagne ou les référendums en Suisse. Ces actions visent à saper la confiance dans le processus électoral et à créer un climat de chaos, notamment dans les zones où les sondages penchent en faveur des démocrates.

Vidéos truquées et IA

Les ingérences russes utilisent désormais des hypertrucages (deepfakes), des vidéos truquées par l’intelligence artificielle (IA), pour manipuler l’opinion. Le groupe Antibot4navalny, spécialisé dans le suivi des opérations russes, a identifié plusieurs vidéos où des célébrités de Hollywood comme Julia Roberts, Mark Hamill ou Emma Caulfield critiquent les démocrates en adoptant le discours des républicains. Ces contenus, diffusés sur des plateformes comme X (ex-Twitter), Bluesky ou TikTok, usurpent l’identité de médias reconnus (CNN, BBC, New York Times) pour renforcer leur crédibilité. Les thèmes abordés incluent des accusations de corruption, d’antisémitisme ou de soutien à l’immigration incontrôlée. Bien que ces vidéos génèrent peu d’engagements directs, elles exploitent les divisions socioculturelles pour être relayées par des utilisateurs légitimes, amplifiant ainsi leur impact.

Cibles et méthodes russes

Les opérations russes, regroupées sous des noms de code comme Matriochka, Overload ou Storm-1679, ciblent principalement le Comité national démocrate et les candidats démocrates. Une vidéo repérée en juin 2026 usurpait l’identité de l’organisation Open Secrets pour accuser des responsables ukrainiens de financer des politiciens démocrates. Ces campagnes s’appuient sur des comptes inauthentiques (faux profils créés pour tromper) et des usurpations d’identité pour diffuser des messages politiques. Selon Evgueni Prigojine, ancien dirigeant de la société militaire privée Wagner et fondateur de l’Internet Research Agency (IRA), cette dernière a diffusé des milliers de publicités touchant des millions de personnes en ligne lors de l’élection présidentielle américaine de 2016. L’IRA a également organisé des rassemblements politiques tout en dissimulant son origine russe.

Réactions des plateformes

Les réseaux sociaux ont réagi à ces manipulations. Bluesky, une plateforme concurrente de X, a supprimé immédiatement les fausses vidéos identifiées par Antibot4navalny, conformément à sa politique interdisant les activités inauthentiques coordonnées. En revanche, X, propriété d’Elon Musk et proche de Donald Trump, n’a fait aucun commentaire sur ces ingérences. Ces réactions illustrent les défis des plateformes pour lutter contre la désinformation, notamment lorsque les contenus exploitent des sujets sensibles comme l’immigration ou les droits LGBTQ+. Les analystes soulignent que même des contenus peu engageants peuvent avoir un impact indirect en étant relayés par des utilisateurs sincères mais mal informés.

Ce que ça pourrait changer

La Russie a officiellement nié toute ingérence dans les élections américaines, une position réitérée en juillet 2026 après que Donald Trump eut évoqué cette menace lors d’une allocution télévisée. Pourtant, en 2023, Evgueni Prigojine, alors dirigeant de *Wagner*, avait reconnu avoir fondé et dirigé l’*Internet Research Agency* (IRA), une *usine à trolls* sanctionnée par les États-Unis en 2016 pour ingérence électorale. Prigojine avait déclaré que l’IRA avait été créée pour « protéger l’espace informationnel russe » et avait utilisé illégalement des données personnelles de citoyens américains pour financer ses opérations. Son décès en août 2023, dans un accident d’avion après une révolte contre Vladimir Poutine, a marqué la fin de cette structure, mais pas la fin des campagnes de désinformation qu’elle avait initiées.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.