Alzheimer : le sorgho serait capable de détruire les protéines toxiques de la maladie en laboratoire
Des extraits de polyphénols de sorgho réduisent l'agrégation de la protéine bêta-amyloïde, liée à la maladie d’Alzheimer, de 67 à 76 % dans des cellules en culture..
La maladie d'Alzheimer est une affection neurodégénérative progressive qui touche principalement les personnes âgées. Elle se caractérise par la destruction des neurones, les cellules du cerveau, entraînant des troubles de la mémoire, de la pensée et du comportement. Au fil du temps, ces symptômes s'aggravent et perturbent les activités quotidiennes. La maladie est associée à l'accumulation anormale de deux types de protéines dans le cerveau : les bêta-amyloïdes et les tau. Ces protéines forment des agrégats toxiques qui perturbent le fonctionnement des neurones et accélèrent leur dégénérescence. Aujourd'hui, il n'existe pas de traitement curatif, mais des médicaments peuvent ralentir temporairement l'évolution des symptômes.
Les bêta-amyloïdes et les protéines tau sont deux types de protéines qui s'accumulent anormalement dans le cerveau des personnes atteintes d'Alzheimer. Les bêta-amyloïdes forment des plaques entre les neurones, tandis que les protéines tau s'agglomèrent à l'intérieur des neurones, formant des dégénérescences neurofibrillaires. Ces accumulations perturbent la communication entre les neurones et provoquent leur mort progressive. Les chercheurs estiment que ces protéines toxiques jouent un rôle central dans le développement et la progression de la maladie. Leur élimination ou leur neutralisation pourrait donc représenter une piste thérapeutique majeure.
Le sorgho est une céréale cultivée principalement en Afrique et en Asie, souvent utilisée pour l'alimentation humaine et animale. Des chercheurs ont découvert que certaines molécules présentes dans le sorgho, appelées polyphénols, pourraient avoir la capacité de détruire les protéines toxiques associées à Alzheimer. En laboratoire, des extraits de sorgho ont montré une efficacité à dégrader les bêta-amyloïdes et les protéines tau, réduisant ainsi leur toxicité. Cette découverte a été réalisée dans le cadre d'études in vitro, c'est-à-dire en dehors d'un organisme vivant, sur des échantillons de tissu cérébral ou des cultures cellulaires. Les résultats sont donc préliminaires et nécessitent des recherches supplémentaires avant de pouvoir envisager une application chez l'humain.
Les expériences menées en laboratoire ont révélé que les polyphénols du sorgho agissent comme des agents chélateurs, c'est-à-dire qu'ils se lient aux protéines toxiques et favorisent leur dégradation. Par exemple, dans une étude, des chercheurs ont observé une réduction de 30 à 40 % des agrégats de bêta-amyloïdes après traitement avec des extraits de sorgho. De même, les protéines tau anormalement phosphorylées, un marqueur typique d'Alzheimer, ont été partiellement éliminées. Ces résultats, bien que prometteurs, restent limités à des conditions expérimentales contrôlées. Ils ne garantissent pas encore une efficacité chez l'humain, où le cerveau est bien plus complexe.
Avant de pouvoir envisager une utilisation thérapeutique du sorgho contre Alzheimer, plusieurs étapes sont nécessaires. Les chercheurs doivent d'abord identifier précisément quelles molécules du sorgho sont actives contre les protéines toxiques, puis tester leur efficacité et leur innocuité sur des modèles animaux, comme des souris génétiquement modifiées pour développer des symptômes similaires à Alzheimer. Si ces tests sont concluants, des essais cliniques sur l'humain pourront être envisagés. Ces étapes pourraient prendre plusieurs années, voire une décennie, avant qu'un traitement potentiel ne soit disponible. En parallèle, les scientifiques explorent d'autres pistes, comme des molécules synthétiques inspirées des polyphénols du sorgho.
Malgré ces résultats encourageants, plusieurs limites doivent être prises en compte. Tout d'abord, les études réalisées à ce jour sont toutes *in vitro*, c'est-à-dire en dehors d'un organisme vivant, et ne reflètent pas nécessairement ce qui se passerait dans un cerveau humain. Ensuite, même si les polyphénols du sorgho montrent une activité prometteuse, leur biodisponibilité, c'est-à-dire leur capacité à atteindre le cerveau après ingestion, reste à étudier. Enfin, la maladie d'Alzheimer est multiforme, et une seule approche thérapeutique pourrait ne pas suffire à la traiter efficacement. Les chercheurs soulignent donc la nécessité de combiner plusieurs stratégies pour lutter contre cette maladie complexe.

