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La Basse-Ville de Québec gagne en hauteur

Le Devoir · mis à jour il y a 19 j

Le boulevard Wilfrid-Hamel pourrait accueillir la plus haute tour de la capitale..

Transformation du boulevard

Le boulevard Wilfrid-Hamel, situé dans la Basse-Ville de Québec, connaît une transformation majeure après des décennies de stagnation. Autrefois dominé par des commerces de banlieue comme des stations-service et des chaînes de restauration, ce corridor a été conçu pour faciliter le flux automobile post-Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, des bâtiments imposants, dont une tour de 40 étages en projet, redéfinissent son paysage. Ce changement s’inscrit dans une logique de densification urbaine, visant à transformer cet axe autrefois négligé en un quartier plus dynamique. Le boulevard relie désormais le Centre Vidéotron à l’aéroport Jean-Lesage, symbolisant une nouvelle ère pour ce secteur.

Histoire du quartier

Le boulevard Wilfrid-Hamel a remplacé d’anciens chemins ruraux et des résidences du XVIIIe siècle, comme la maison Dorion-Coulombe, déplacée au parc Cartier-Brébeuf. Dans les années 1950, ce secteur était perçu comme un lieu peu attrayant, voire associé à des événements comme les enterrements au cimetière Saint-Charles. En 1963, le centre commercial Place Fleur de Lys, avec ses 3 000 places de stationnement, a marqué un tournant. Cependant, ce centre a décliné en raison de la concurrence des centres commerciaux modernes, devenant à moitié vide en 2018 avant d’être racheté pour 60 millions de dollars. Aujourd’hui, il est en cours de reconversion en un quartier résidentiel.

Projets immobiliers ambitieux

Le groupe immobilier Trudel prévoit construire 4 500 logements sur le site de Place Fleur de Lys d’ici 2035, dont deux tours de 15 étages déjà en construction et une troisième de 40 étages en demande de dérogation. Ces projets suscitent des débats parmi les urbanistes. Certains, comme Paul Mackey, critiquent l’échelle des bâtiments, jugés trop imposants pour le quartier et défavorables à la vie sociale. D’autres, comme David Paradis de Vivre en ville, soulignent que ces constructions s’adaptent aux friches asphaltées du secteur et pourraient bénéficier d’un cadre urbain en évolution, incluant la proximité de la rivière Saint-Charles et un réseau cyclable en expansion.

Enjeux du tissu social

Les nouveaux projets immobiliers sur le boulevard Wilfrid-Hamel soulèvent des questions sur la qualité de vie et le tissu social. Paul Mackey, ancien conseiller municipal, compare les projets actuels à des tours isolées, peu propices aux interactions entre voisins, contrairement aux plex du quartier voisin de Limoilou, caractérisés par des escaliers en colimaçon et des cordes à linge, favorisant les rencontres. Il craint que ces nouvelles constructions ne créent des milieux moins favorables à la vie communautaire. David Paradis, quant à lui, met en avant les atouts du quartier, comme sa proximité avec les commerces et les espaces verts, pour atténuer ces effets.

Transport et avenir urbain

Le développement du boulevard Wilfrid-Hamel s’inscrit dans une réflexion plus large sur les transports à Québec. Le tramway, dont la première ligne de 19 kilomètres doit être inaugurée en 2033, pourrait desservir le secteur, notamment le quartier Vanier. David Paradis imagine un circuit remplaçant la ligne d’autobus 802 et un projet plus ambitieux reliant Saint-Roch à Lebourgneuf en passant par plusieurs quartiers. L’objectif est de lier densification urbaine et transport en commun pour limiter l’usage de la voiture. Cependant, des incertitudes persistent, notamment sur la capacité du réseau à absorber la croissance du trafic automobile.

Ce que ça pourrait changer

La Ville de Québec estime que 6 000 logements pourraient être construits sur les trois premiers kilomètres du boulevard Wilfrid-Hamel, à l’est de l’avenue Saint-Sacrement. David Paradis de Vivre en ville salue cette initiative, soulignant que les nouveaux bâtiments s’adaptent aux contraintes des espaces disponibles. Un autre projet, plus controversé, concerne la transformation de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain, libérant des terrains pour plus de 3 500 logements supplémentaires. Cependant, Paul Mackey s’interroge sur l’impact d’une telle transformation sur la circulation automobile, déjà en augmentation constante à Québec.

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