Le président yéménite annonce une offensive pour reprendre le pays aux Houthis
Alors que le gouvernement dispose de capacités aériennes limitées, un chercheur juge l’annonce «insignifiante»..
Le président yéménite Rachad al-Alimi, chef du Conseil présidentiel yéménite, a annoncé le 4 octobre 2026 le lancement d’une offensive militaire pour reprendre l’ensemble du pays aux Houthis, un groupe armé soutenu par l’Iran. Cette déclaration intervient après que les Houthis, qui contrôlent déjà la capitale Sanaa depuis 2014 et une grande partie du littoral ouest bordant la mer Rouge, ont encerclé la ville stratégique de Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen. L’objectif affiché est de rétablir l’autorité du gouvernement yéménite sur tout le territoire national. Cependant, un expert de Chatham House, Farea al-Muslimi, qualifie cette annonce de « insignifiante », suggérant que les forces gouvernementales, limitées par des capacités aériennes réduites, pourraient manquer de moyens pour mener à bien cette opération.
Les Houthis ont coupé un axe routier essentiel reliant Taëz à Aden, où siège le gouvernement yéménite reconnu internationalement. Cette route, désormais sous leur contrôle, empêche l’acheminement de provisions et de renforts vers Taëz, où les forces gouvernementales sont majoritairement présentes. Selon des témoins et des sources militaires, des combats intenses ont eu lieu dans les localités d’al-Safiya et al-Samsara, situées le long de cet axe. La fermeture de cette route aggrave une situation humanitaire déjà critique : Taëz accueille une grande partie des Yéménites récemment déplacés par les combats. L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, s’est dit « alarmé » par l’intensification des violences et les obstacles à l’évacuation des civils. Les affrontements dans cette région ont fait plus de 70 morts en 24 heures, selon des sources des deux camps.
La province de Taëz est devenue un foyer de tensions majeures, avec des risques accrus pour les populations civiles. Les Houthis, qui encerclent désormais la ville, pourraient resserrer leur étau si ils parviennent à maintenir le contrôle des routes environnantes. Selon Ahmed Nagi de l’ONG International Crisis Group, une telle situation pourrait entraîner une dégradation rapide de la situation humanitaire et militaire. Les habitants de Taëz, déterminés à défendre leur ville, ont juré de ne pas céder aux Houthis. Parallèlement, l’ONU s’inquiète des conséquences du blocus routier, qui empêche les déplacés de fuir et aggrave les pénuries. Depuis le début de l’offensive houthiste en septembre 2026, les combats ont déjà fait des centaines de morts dans le pays.
Le conflit au Yémen s’étend au-delà des frontières nationales, avec une escalade des tensions entre les Houthis et l’**Arabie saoudite**, principal allié du gouvernement yéménite. Les Houthis, qui accusent régulièrement Ryad de soutenir les forces gouvernementales, ont mené des **frappes revendiquées** contre des sites pétroliers saoudiens, notamment ceux de l’entreprise **Aramco** à **Riyad** et dans la région de **Khurais**. Ces attaques ont provoqué d’**importants incendies**, mais l’Arabie saoudite n’a pas réagi immédiatement. En réponse, les Houthis ont accusé l’Arabie saoudite d’avoir bombardé leurs bastions dans les gouvernorats d’**al-Jawf** et **Saada**, faisant deux blessés. La veille, l’armée yéménite avait elle-même revendiqué des frappes aériennes contre des positions houthises à **Sanaa**, **Saada** et près de **Taëz**. Depuis **2015**, l’Arabie saoudite intervient militairement au Yémen en tête d’une coalition internationale, principalement via des raids aériens contre les Houthis.

