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Numérique

Xbox ressort la hache et s’ampute de cinq studios

Next.ink · mis à jour 6 juil.

Microsoft a annoncé ce lundi 6 juillet une nouvelle charrette de licenciements. Le groupe va supprimer près de 5 000 postes.

Licenciements massifs chez Microsoft

Microsoft a annoncé le 6 juillet 2025 la suppression de 4 800 postes, soit environ 2,1 % de ses effectifs mondiaux. Cette décision s'inscrit dans la continuité d'une vague de licenciements similaire survenue un an plus tôt, où 9 100 emplois avaient été supprimés. La division Xbox est particulièrement touchée, avec 3 200 postes concernés, représentant 20 % de ses équipes. Ces chiffres illustrent une restructuration majeure au sein du groupe, visant à réduire les coûts et à améliorer la rentabilité. Les licenciements s'accompagnent de la fermeture de cinq studios de développement, dont un basé en France, Arkane Lyon, créateur de franchises comme Dishonored ou Deathloop.

Problèmes financiers de Xbox

La division Xbox affiche des marges financières bien inférieures à celles de ses concurrents, avec des pertes estimées à 64 cents pour chaque dollar investi sur une année type. Selon Asha Sharma, CEO de Xbox, l'activité n'est pas saine et nécessite une refonte profonde. La stratégie récente de Microsoft, axée sur l'acquisition de studios pour enrichir son catalogue via le Game Pass (un service d'abonnement de jeux vidéo), s'est révélée coûteuse et peu rentable. Cette frénésie d'achats a conduit à une surcharge organisationnelle et financière, aggravée par la crise actuelle du secteur du jeu vidéo, marquée par une baisse des investissements dans les nouveaux jeux.

Fermeture de cinq studios

Microsoft a annoncé la fermeture de cinq studios de développement, dont quatre sont désormais indépendants avec leurs licences et catalogues. Il s'agit de Compulsion Games (Montréal, Canada), Double Fine (Californie, États-Unis), Ninja Theory (Cambridge, Royaume-Uni) et Undead Labs (Seattle, États-Unis). Ces studios conservent les moyens nécessaires pour terminer leurs projets en cours, comme Senua pour Ninja Theory ou State of Decay 3 pour Undead Labs. Le cas d'Arkane Lyon (France) reste en suspens, avec une consultation en cours pour examiner des options stratégiques. Ces décisions visent à recentrer les activités de Xbox sur des projets plus rentables et à réduire les coûts.

Réorganisation interne

Asha Sharma, CEO de Xbox, a annoncé une réduction drastique des niveaux hiérarchiques au sein de l'entreprise, passant de jusqu'à 14 niveaux de management à un maximum de 5, voire 3. Cette restructuration vise à améliorer la communication et l'efficacité interne. Par ailleurs, les studios Mojang (créateur de Minecraft) et King (éditeur de Candy Crush) seront désormais directement supervisés par Asha Sharma, sans intermédiaire. Ces deux franchises, parmi les plus rentables de Xbox, sont confrontées à une concurrence accrue, notamment de la part de Roblox et Monopoly Go.

Stratégie future de Xbox

Asha Sharma a réaffirmé l'ambition de Microsoft de faire de Xbox « l'endroit où le monde joue et crée », avec un investissement accru mais ciblé. L'objectif est de recentrer les efforts sur les franchises phares comme Fallout, Elder Scrolls ou Halo, tout en visant une croissance d'ici 2027. Cependant, cette stratégie s'accompagne d'un recentrage sur les licences majeures, au détriment des projets plus innovants ou risqués. Par ailleurs, le développement matériel des futures consoles Xbox, comme le projet Helix, ne serait pas menacé par ces licenciements, selon une source interne.

Ce que ça pourrait changer

Satya Nadella, CEO de Microsoft, a reconnu que le groupe avait « subventionné » l'activité jeux vidéo ces 25 dernières années, avec des jeux Xbox davantage monétisés sur des plateformes externes comme YouTube qu'au sein de Microsoft. Il a souligné la nécessité de transformer cette activité en une structure économiquement viable. Certains observateurs critiquent la gestion de Microsoft, notamment le rachat d'*Activision-Blizzard* pour 70 milliards de dollars en 2023, considéré comme un investissement coûteux et peu rentable. Cette acquisition a pesé sur les objectifs de rentabilité et a conduit à une supervision directe des studios par le siège, axée sur les chiffres plutôt que sur l'innovation.

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