Google accusée d’avoir détruit une forêt entière pour y construire ses data centers, une catastrophe écologique
Google a détruit pour l’équivalent de 500 terrains de football de forêts en Finlande afin d’y construire des data centers. La colère gronde..
Google a rasé plus de 300 hectares de forêt en Finlande pour construire deux data centers dans les villes de Muhos et Kajaani. Cette surface équivaut à près de 500 terrains de football, ce qui représente une destruction écologique majeure. Les travaux ont commencé avant même la finalisation des études d’impact environnemental, une procédure pourtant obligatoire en Finlande pour tout projet modifiant durablement plus de 200 hectares de sol. L’Association finlandaise pour la conservation de la nature a dénoncé cette situation, qualifiant l’action de Google soit d’ignorance des lois, soit de mépris délibéré. Une enquête officielle a été ouverte pour vérifier la légalité du chantier.
Les forêts détruites abritaient des habitats essentiels pour plusieurs espèces d’oiseaux sauvages, dont les zones de reproduction ont été supprimées. Le site de Kajaani, en particulier, se situe sur une route migratoire majeure du renne des forêts, une espèce déjà menacée. Le chantier menace de réduire son habitat naturel et d’isoler les populations, aggravant ainsi les risques pour cette espèce fragile. Ces conséquences écologiques ont suscité une forte opposition locale et internationale, notamment de la part des autorités finlandaises et des associations de protection de la nature.
Google affirme avoir agi en conformité avec la loi forestière finlandaise et avoir mené des études approfondies sur la faune et la flore avant les travaux. Michiel Sallaets, responsable de la communication chez Google, a déclaré que les arbres abattus l’avaient été sur des terrains appartenant à l’entreprise, en respectant les exigences légales. Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à apaiser les critiques, d’autant que les travaux ont débuté avant l’achèvement des évaluations environnementales obligatoires.
La construction de data centers s’accélère dans le monde entier, notamment en raison de l’essor de l’intelligence artificielle (IA), qui nécessite des infrastructures toujours plus puissantes. Ces centres consomment d’énormes quantités d’électricité et d’eau, et génèrent des nuisances sonores importantes pour les populations locales. En France, des projets similaires suscitent également des tensions, comme à Châteauroux ou en Seine-et-Marne, où des data centers de grande envergure sont en cours de construction. Cette tendance mondiale soulève des questions sur l’équilibre entre innovation technologique et préservation de l’environnement.
Malgré cette polémique, Google a annoncé un investissement de 13 milliards d’euros en Finlande pour développer ses infrastructures de data centers. Cet engagement financier contraste avec les accusations de destruction écologique, ce qui risque d’entacher la réputation de l’entreprise dans ce pays nordique. La firme de Mountain View, déjà critiquée pour son impact environnemental, voit sa crédibilité écologique remise en question, alors que la demande pour des solutions durables en matière de technologie ne cesse de croître.

