Les partis ébranlés par des allégations d’ingérence américaine dans la campagne
Un groupe de réflexion américain a appelé les États-Unis à soutenir financièrement le Parti québécois..
Un groupe de réflexion américain, la Defense Analyses and Research Corporation, a publiquement appelé sur son site internet à soutenir financièrement le Parti québécois (PQ) et à favoriser le mouvement souverainiste québécois. Cette proposition vise explicitement à affaiblir le Canada. Selon Le Journal de Montréal, Ottawa aurait averti à trois reprises le gouvernement caquiste de cette menace : en janvier 2026, début septembre 2026, puis dans les derniers jours avant la publication de l’article. Ces allégations ont été rendues publiques le 25 septembre 2026, à deux jours du début du vote par anticipation au Québec. Le groupe de réflexion américain n’est pas une institution officielle des États-Unis, mais une organisation privée dont les propos ne représentent pas nécessairement la position du gouvernement américain.
Christine Fréchette, première ministre sortante et cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ), a déclaré être « préoccupée » par ces allégations. Elle a affirmé n’avoir été informée par son équipe que le 20 septembre 2026, soit la veille de la publication des révélations. Elle a rencontré le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) le 24 septembre 2026 pour discuter de la situation. Fréchette a souligné qu’aucune preuve concrète d’ingérence n’a été confirmée à ce stade, mais elle a demandé une rencontre avec le premier ministre canadien Mark Carney pour obtenir l’aide du gouvernement fédéral. Elle a justifié le manque d’information publique par le fait que les sujets liés aux services de renseignement ne font généralement pas l’objet de communications ouvertes. Cependant, les révélations médiatiques l’ont contrainte à s’exprimer publiquement.
Les chefs des trois principaux partis d’opposition (Parti québécois, Parti libéral du Québec et Québec solidaire) ont critiqué Christine Fréchette pour son manque de transparence. Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire, a exprimé son inquiétude quant à l’absence d’information plus tôt et a demandé que Fréchette partage les détails de sa rencontre avec Carney après celle-ci. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a mis en doute les liens potentiels entre Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, et des groupes américains, en soulignant que ce dernier avait évoqué en janvier 2026 son intention de se rendre à Washington pour établir des contacts. Milliard a demandé des clarifications sur ces rencontres, sans pour autant accuser directement Plamondon. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, n’a pas commenté les allégations au moment de la publication de l’article.
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, a rejeté catégoriquement les sous-entendus de Charles Milliard concernant d’éventuelles rencontres secrètes avec des représentants américains. Il a nié avoir voyagé aux États-Unis ou rencontré des responsables de l’administration américaine pour des raisons politiques. Plamondon a également questionné le timing des révélations, suggérant que la CAQ aurait pu elle-même divulguer l’information aux médias pour influencer la campagne électorale. Il a exigé que Charles Milliard se rétracte, l’accusant de propager de la désinformation. Milliard a répondu qu’il n’avait jamais affirmé connaître la liste des personnes rencontrées par Plamondon, mais a réitéré ses questions sur les intentions de voyage de ce dernier.
Christine Fréchette a confirmé une autre révélation du Journal de Montréal : l’administration américaine aurait tenté de contourner les négociations commerciales avec le gouvernement canadien (Ottawa) pour négocier directement avec le Québec sur les tarifs douaniers. Cette approche aurait eu lieu au printemps 2026, dans le cadre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), un traité commercial qui remplace l’ALÉNA. Fréchette a indiqué avoir immédiatement rejeté cette proposition, affirmant qu’une entente commerciale avec les États-Unis ne pouvait être signée par le Québec seul, mais devait s’inscrire dans un cadre global avec le Canada. Cette tentative illustre les tensions potentielles entre les niveaux de gouvernement canadien et québécois sur les questions économiques internationales.
Le cabinet du premier ministre canadien Mark Carney a déclaré prendre très au sérieux les allégations d’ingérence étrangère dans les processus électoraux. Il a réaffirmé que les Canadiens doivent pouvoir avoir confiance dans l’intégrité de leurs élections, qui doivent être libres et déterminées par les citoyens eux-mêmes. Aucune mesure concrète n’a été annoncée par le gouvernement fédéral dans l’article, mais la rencontre entre Fréchette et Carney vise à éclaircir la situation. Le gouvernement canadien n’a pas commenté directement les allégations concernant une possible ingérence américaine en faveur du Parti québécois, ni les tentatives de négociation commerciale directe avec le Québec.

