C’est fini : pourquoi Waze et Google Maps ne donnent plus les trajets les plus rapides en France ?
Une évolution qui est très loin de faire l’unanimité..
Depuis juillet 2026, les applications Waze et Google Maps ne proposent plus systématiquement les trajets les plus rapides en France. Désormais, elles privilégient les itinéraires ayant le moins d’impact environnemental, c’est-à-dire ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre (GES). Cette évolution est imposée par un décret gouvernemental, le décret n° 2022-1199, entré en vigueur pour répondre aux objectifs de réduction des émissions de CO2. Les utilisateurs peuvent toujours choisir manuellement un trajet plus rapide dans les paramètres des applications, mais l’option par défaut est désormais écologique. Ce changement s’applique aussi bien aux trajets en voiture qu’aux déplacements multimodaux, incluant les transports en commun ou les modes de déplacement doux comme le vélo.
Le décret impose aux applications de mettre en avant les itinéraires les moins polluants. Pour cela, elles doivent évaluer l’empreinte carbone de chaque trajet en fonction de plusieurs critères : la distance parcourue, le type de route emprunté (autoroute, route nationale, etc.), la vitesse moyenne et le mode de transport utilisé. Par exemple, un trajet sur une autoroute à 130 km/h sera considéré comme plus polluant qu’un trajet similaire sur une route limitée à 90 km/h, même si la durée est identique. De plus, si un trajet inclut une portion où la vitesse maximale autorisée est de 110 km/h ou plus, les applications doivent proposer une alternative avec une vitesse réduite de 20 km/h, soit 90 km/h maximum, pour limiter la consommation de carburant et les émissions.
Ce changement est encadré par un texte officiel, le décret n° 2022-1199, publié par le gouvernement français. Ce décret s’inscrit dans une démarche plus large de transition écologique et de lutte contre le réchauffement climatique. Il vise à orienter les comportements des usagers vers des choix plus respectueux de l’environnement, en alignant les outils numériques sur les politiques publiques. Les applications concernées doivent désormais afficher clairement l’empreinte carbone de chaque trajet proposé, permettant aux utilisateurs de prendre une décision éclairée. En cas de non-respect, l’État se réserve le droit d’imposer des sanctions ou même de fermer l’application, comme l’a souligné Laurent Probst, directeur général du Syndicat des transports d’Île-de-France.
Cette évolution ne fait pas l’unanimité parmi les utilisateurs. Certains regrettent que les trajets les plus rapides ne soient plus prioritaires, ce qui peut entraîner des retards ou des détours. Cependant, les applications laissent la possibilité de revenir aux options traditionnelles via les réglages. En Île-de-France, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large pour fluidifier le trafic et limiter les embouteillages, notamment en prévision des Jeux Olympiques de Paris 2024. L’application Île-de-France Mobilités, par exemple, propose des itinéraires optimisés pour l’intérêt général, même s’ils ne sont pas les plus courts. Les utilisateurs peuvent donc choisir entre rapidité, écologie ou fluidité du trafic, selon leurs priorités.
Pour les automobilistes, cette modification peut avoir des conséquences pratiques. Les trajets écologiques seront souvent plus longs, car ils évitent les axes rapides ou les portions à haute vitesse. Par exemple, un trajet de 30 minutes sur une autoroute pourrait être remplacé par un itinéraire de 40 minutes sur des routes secondaires, mais avec une consommation de carburant réduite. Les applications affichent désormais l’empreinte carbone de chaque option, mesurée en grammes de CO2 par kilomètre, ce qui permet aux utilisateurs de comparer les impacts environnementaux. Cette transparence vise à sensibiliser les conducteurs aux enjeux climatiques tout en leur laissant la liberté de choisir leur mode de déplacement.

