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Rob Ramage quitte le Canadien heureux des liens qu’il a tissés avec les jeunes joueurs

ICI Radio-Canada · mis à jour 8 juil.

Le directeur du développement des joueurs revient sur ses 12 années dans l'organisation du Canadien..

Fin d'une carrière

À l’âge de 67 ans, Rob Ramage a décidé de mettre fin à sa carrière de 12 ans comme responsable du développement des jeunes joueurs du Canadien de Montréal. Cette carrière, bien que moins médiatisée que sa première vie de joueur, a été marquée par un engagement profond auprès des espoirs du club. Ramage, ancien défenseur de la LNH et double vainqueur de la Coupe Stanley, a joué plus de 1000 matchs dans la ligue entre 1979 et 1994. Après sa retraite sportive, il s’est tourné vers la finance avant de revenir dans le hockey en tant que recruteur et mentor. Son parcours a été marqué par une interruption brutale en 2003, lorsqu’un accident de voiture, causé par la conduite en état d’ébriété, a coûté la vie à son ami Keith Magnuson. Condamné à près d’un an de prison, Ramage a dû reconstruire sa vie et sa réputation avant de se voir offrir une seconde chance par les Blues de St. Louis, puis par le Canadien en 2014.

Rôle de mentor

Rob Ramage a occupé le poste de directeur du développement des joueurs au sein du Canadien, un rôle qui consistait à accompagner les jeunes talents de l’organisation dans leur progression vers le professionnalisme. Entre 2014 et 2024, il a supervisé jusqu’à 22 espoirs par saison, un nombre qui a augmenté avec l’expansion de l’équipe de développement. Son équipe incluait des figures comme Francis Bouillon, Scott Pellerin et Paul Byron, qui aidaient à personnaliser le suivi des joueurs. Ramage insistait sur l’importance d’un contact régulier, même à distance : il envoyait des messages d’encouragement ou visionnait des matchs entre les périodes pour montrer son soutien. Parmi les 14 joueurs actuels du Canadien ayant bénéficié de son accompagnement, il cite notamment Michael Hage, un espoir européen dont il a demandé à Paul Byron de suivre les performances de près. Son approche reposait sur la disponibilité et l’écoute, des valeurs qu’il avait lui-même reçues lors de sa carrière.

Leçon sur les secondes chances

L’histoire de Rob Ramage est souvent présentée comme un exemple de seconde chance. Après son accident en 2003, il a purgé une peine de prison et a dû faire face à des conséquences judiciaires et personnelles. Cependant, son parcours a aussi été marqué par la rédemption, notamment grâce au soutien de la famille de Keith Magnuson, qui a demandé la clémence pour lui. Libéré en 2011, il a trouvé un nouveau départ dans le hockey en tant que recruteur, puis comme mentor. Ramage a utilisé son expérience pour sensibiliser les jeunes joueurs aux dangers de l’alcool au volant, intervenant plus de 200 fois devant des groupes d’athlètes. Il a également partagé les détails de son accident pour marquer les esprits, une démarche qu’il décrit comme cathartique. Son message visait à rappeler que les erreurs peuvent être surmontées, à condition de tirer les leçons nécessaires.

Respect des entraîneurs

Rob Ramage a appris très tôt l’importance de respecter les rôles de chacun dans le développement des jeunes joueurs. Martin Lapointe, son prédécesseur au poste de directeur du développement, lui a enseigné que les entraîneurs des équipes juniors ou universitaires avaient la responsabilité principale des joueurs. Ramage évitait donc d’intervenir directement auprès des espoirs sous leur supervision, préférant collaborer avec eux. Par exemple, il demandait aux entraîneurs quels sujets aborder avec leurs joueurs lors des interventions du Canadien. Cette approche visait à éviter les conflits et à renforcer la cohérence des messages transmis. Ramage soulignait aussi que, malgré la multiplication des conseils autour des jeunes joueurs aujourd’hui, l’autorité de l’entraîneur restait centrale, notamment pour la gestion du temps de jeu en match.

Patience dans le développement

Rob Ramage a développé une philosophie basée sur la patience et la non-jugement hâtif dans le suivi des jeunes joueurs. Il a rappelé l’exemple de Jayden Struble, un espoir repêché par le Canadien en 2021, qui a connu des difficultés à l’université avant de s’épanouir à Laval, en Ligue américaine. Struble a finalement fait ses débuts en LNH la saison suivante. Ramage a expliqué que les joueurs mûrissent à des rythmes différents et que les décisions de carrière doivent être prises avec prudence. Chaque année, les recruteurs du Canadien se réunissent en janvier pour évaluer les progrès des espoirs, une étape que Ramage comparait à une utilisation de la boule de cristal, tant les parcours sont imprévisibles. Son expérience lui a appris à ne pas abandonner trop vite sur un joueur, même après des échecs apparents.

Ce que ça pourrait changer

Dans son rôle de mentor, Rob Ramage a dû gérer des situations délicates, notamment avec des joueurs qui ignoraient ses appels ou manquaient de professionnalisme. Il a cité l’exemple d’un jeune joueur fortuné qui refusait de répondre à ses communications, une attitude qu’il a corrigée en lui rappelant l’importance du respect et de la disponibilité. Ramage insistait sur le fait que les joueurs devaient être accessibles aux membres de l’organisation, car leur développement en dépendait. Il a aussi souligné que le poids du Canadien de Montréal facilitait l’établissement de relations avec les entraîneurs, surtout en Europe, où l’organisation pouvait servir de pont. Cependant, il rappelait que la voix de l’entraîneur restait la plus influente pendant les matchs, car c’est lui qui décide du temps de jeu et de la stratégie.

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