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Généraliste

Moins de contrôle dans les zones SAQ

Le Devoir · mis à jour il y a 14 j

Des visites de clients mystères montrent que les standards de vente d’alcool responsable ne sont pas toujours respectés..

Zones SAQ : définition

Les zones SAQ désignent des épiceries ou dépanneurs autorisés à vendre de l'alcool au Québec, en partenariat avec la Société des alcools du Québec (SAQ). Ces commerces, au nombre de 100 environ, sont soumis aux mêmes règles de vente responsable que les succursales officielles de la SAQ. La vente responsable implique notamment de vérifier l'âge des clients et de refuser la vente aux mineurs ou aux personnes en état d'ébriété. Le problème soulevé dans l'article concerne le non-respect de ces règles dans les zones SAQ, contrairement aux succursales où des contrôles plus stricts sont appliqués. Le syndicat des employés de la SAQ a mandaté une firme spécialisée pour évaluer ces pratiques à l'aide de clients mystères, des personnes chargées de tester discrètement le respect des normes.

Résultats inquiétants

Une étude menée par le cabinet Enipso pour le compte du syndicat des employés de la SAQ a révélé des lacunes majeures dans le respect des règles de vente responsable dans les zones SAQ. Sur 191 visites effectuées par des clients mystères durant l'été, les résultats montrent que les pratiques en vigueur dans les succursales ne sont pas appliquées. Par exemple, dans 70% des cas, aucune preuve d'âge n'a été demandée à des jeunes âgés de 18 à 25 ans, alors que la politique « Vise 25 » impose de vérifier systématiquement l'identité des clients de moins de 25 ans. Dans 90% des cas, un groupe de jeunes a pu acheter de l'alcool sans que l'âge de tous les membres ne soit vérifié. De plus, dans 74% des situations, un parent accompagnant un enfant mineur a pu acheter de l'alcool pour ce dernier. Enfin, dans 100% des cas, une personne en état d'ébriété croissant a pu acheter de l'alcool à trois reprises dans la même journée.

Contrôles insuffisants

L'étude a également mis en lumière l'absence quasi totale de personnel sur le plancher dans les zones SAQ, ainsi que des contrôles moins stricts dans les caisses libre-service. Ces éléments contribuent à expliquer les résultats obtenus, car les employés en succursale bénéficient d'une formation spécifique et d'une expertise reconnue, tandis que les zones SAQ semblent moins encadrées. La SAQ, de son côté, affirme que ses employés en succursale sont soumis à des évaluations régulières avec des clients mystères mineurs, avec un taux de réussite de 93% l'an dernier et de 87% cette année. Cependant, dans les zones SAQ, le taux de réussite n'est que de 77%, selon les données présentées par Le Devoir. La SAQ indique que des suivis sont effectués avec chaque zone SAQ en cas d'échec, mais n'a pas encore eu accès au rapport complet du syndicat.

Ce que ça pourrait changer

Le président du syndicat des employés de la SAQ, Martin Lachance, a réagi aux résultats en soulignant que les employés en succursale disposent d'une *« expertise »* et d'une *« formation spécifique »* issues de *« 100 ans de savoir-faire »*, ce qui les rend plus aptes à garantir une vente responsable. Le syndicat a engagé cette étude pour démontrer que les succursales sont plus fiables que les zones SAQ, et pour appuyer sa demande d'un *moratoire* sur ce modèle de vente. La SAQ, quant à elle, n'a pas commenté en détail les résultats, se disant prête à analyser le rapport complet du syndicat pour déterminer si des actions supplémentaires sont nécessaires. Isabelle Dufour, vice-présidente à l'exploitation des réseaux de vente, a tenu à rassurer les employés en précisant que les zones SAQ ne menacent pas leurs emplois et que cet exercice reflète davantage un désaccord stratégique avec le syndicat.

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