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Retour en classe : voici les nouveautés de la rentrée

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

La rentrée scolaire s’amorce cette semaine dans les écoles québécoises..

Numérique obligatoire en 2028

Le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) intègre officiellement l’enseignement du numérique dans les écoles, mais de manière progressive. Dès cette rentrée 2026, des contenus numériques pourront être enseignés de façon volontaire au primaire. L’objectif est que tous les élèves maîtrisent les outils numériques à la fin de leur parcours scolaire. L’enseignement du numérique ne deviendra obligatoire qu’à partir de la rentrée 2028, tant au primaire qu’au secondaire. Les écoles auront la liberté d’intégrer ces notions dans différentes matières, sans créer de nouveau cours. L’intelligence artificielle (IA) sera abordée, notamment pour apprendre aux élèves à vérifier l’information en ligne et à adopter un esprit critique face aux technologies. Le MEQ a également mis à jour son guide sur l’utilisation de l’IA en éducation, précisant les attentes envers les enseignants et les élèves, comme comprendre les systèmes d’IA générative ou formuler des requêtes efficaces.

Évaluation des enseignants

À partir de cette rentrée 2026, tous les enseignants du Québec devront être évalués tous les deux ans, selon un processus uniforme appliqué dans toutes les écoles. Cette mesure vise à améliorer la qualité de l’enseignement et découle d’un projet de loi adopté l’an dernier, en réponse à des incidents de prosélytisme survenus dans une école primaire de Montréal. Jusqu’à présent, les évaluations étaient surtout réservées aux nouveaux enseignants. Cependant, des incertitudes persistent quant aux conséquences d’une évaluation négative, notamment pour les enseignants expérimentés. La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a comparé cette évaluation à celle pratiquée pour la plupart des professionnels, soulignant que personne n’est à l’abri d’améliorations.

Réforme budgétaire des écoles

Le gouvernement du Québec a simplifié le financement des écoles en remplaçant les 261 anciennes enveloppes budgétaires par 37 nouvelles catégories, dès cette rentrée 2026. Cette réforme, appelée réforme LeBel, vise à donner plus de flexibilité aux centres de services scolaires (CSS) pour allouer les fonds selon les besoins locaux. Les directions d’école saluent cette simplification administrative, mais certains syndicats craignent que cette flexibilité ne crée des inégalités entre les établissements. Par exemple, le financement dédié aux sorties culturelles ou à l’achat de livres a été fusionné dans une grande catégorie, suscitant des critiques. La ministre a annoncé un investissement de 24,1 millions d’euros sur trois ans pour l’achat de livres, mais une partie de cette somme sera intégrée au nouveau régime budgétaire, sans garantie de destination finale. Un bilan de cette réforme sera réalisé à la fin de l’année scolaire.

Motifs de départ des enseignants

Dès cette rentrée 2026, les centres de services scolaires (CSS) devront systématiquement recueillir les raisons du départ des enseignants quittant leur poste. Cette obligation s’applique à tous les enseignants, quel que soit leur statut, et les données devront être transmises au ministère de l’Éducation. Cette mesure, recommandée depuis 2024 mais appliquée de manière inégale, vise à mieux comprendre les causes des départs, qui concernent environ 2 000 enseignants par an au Québec, dont 1 100 à temps plein. Les syndicats de l’enseignement soutiennent cette initiative, tout en espérant que le processus sera uniforme et que des entrevues complètes seront menées avec les enseignants démissionnaires.

Indices de défavorisation mis à jour

Les indices de milieu socio-économique (IMSE), qui mesurent le niveau de défavorisation des écoles, ont été révisés au printemps 2026. Résultat : deux tiers des écoles du Québec ont vu leur classement modifié. Cette mise à jour entraîne des conséquences financières pour plus de 800 établissements : 400 écoles perdront des fonds, tandis que 400 autres en recevront davantage. Certains établissements devront aussi ajuster leurs ratios élèves/classe en fonction de leur nouveau niveau de défavorisation. Cette réforme a suscité des critiques, car les méthodes de calcul des IMSE sont jugées désuètes par certains parents et syndicats. Le gouvernement a répondu que ces indices restent les meilleurs indicateurs de la réussite scolaire et qu’aucune révision méthodologique n’est prévue.

Renforcement de la laïcité

Les écoles privées subventionnées du Québec doivent désormais respecter des règles strictes en matière de laïcité, comme c’est déjà le cas dans les écoles publiques et les centres de la petite enfance. Le port de signes religieux est interdit pour tous les membres du personnel, et les cours de religion devront être facultatifs, offerts en dehors des heures de classe et accessibles à tous les élèves. Les établissements à vocation religieuse, qui sont peu nombreux, ont jusqu’à 2029 pour se conformer à ces nouvelles règles s’ils veulent conserver leur financement public. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un projet de loi visant à faire de la laïcité une condition fondamentale pour recevoir des fonds publics. Selon la Fédération des établissements d’enseignement privé (FEEP), certaines écoles ont déjà adapté leurs pratiques pour la rentrée 2026.

Ce que ça pourrait changer

Le nouveau programme de français, qui devait entrer en vigueur à la rentrée 2026, a été reporté à 2027. Ce programme, testé dans une cinquantaine de classes en 2025, vise à moderniser l’enseignement de la langue. Pour cette année scolaire, les enseignants bénéficieront d’une formation pour se familiariser avec les nouveaux contenus, qui couvrent l’ensemble du parcours scolaire, du primaire au secondaire. Cette période de transition permettra aux enseignants de mieux préparer l’application du programme révisé, dont les détails n’ont pas été précisés dans l’article.

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