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À Los Angeles, les ours ont droit à leur gros plan, qu’on le veuille ou non

Le Devoir · mis à jour 28 sept.

Parmi les huit espèces d’ours dans le monde, l’ours noir d’Amérique est le seul dont la population augmente..

L'ours noir en Californie

L’ours noir d’Amérique est la seule espèce d’ours dont la population augmente dans le monde, avec environ 60 000 individus en Californie. Contrairement à d’autres ours comme l’ours polaire ou le panda géant, cette espèce est omnivore et craintive envers les humains. Elle prospère particulièrement dans cet État, où elle est désormais présente non seulement dans les montagnes isolées, mais aussi dans les banlieues. Le réchauffement climatique et les feux de forêt poussent ces animaux à s’aventurer de plus en plus près des zones résidentielles, ce qui crée des situations de cohabitation inédites. Le département de la Pêche et de la Faune sauvage de Californie a recensé 2 735 signalements d’ours noirs l’an dernier, contre 425 dix ans plus tôt, bien que ces chiffres ne soient pas directement comparables en raison des changements dans les méthodes de suivi.

Comportements des ours urbains

Les ours noirs de Californie adaptent leur comportement pour profiter des ressources urbaines. En période de chaleur, ils recherchent les piscines pour se rafraîchir, et dans les arrière-cours, ils cueillent des fruits comme les avocats. Leur présence dans les rues ou les quartiers résidentiels est souvent perçue comme spectaculaire : les habitants leur laissent le passage et les photographient, parfois jusqu’à attirer l’attention des médias. Cependant, ces rencontres peuvent aussi susciter de la peur, notamment lorsqu’un ours de 136 kg ou plus se trouve face à face avec un humain. Dans la majorité des cas, ces animaux cherchent simplement à se nourrir ou à se reposer avant de repartir, comme l’explique Kathryn Barger, élue du comté de Los Angeles.

Adaptation humaine aux ours

Les Californiens doivent s’adapter à la présence croissante des ours dans leur quotidien. Certains résidents, comme Brian Gordon à Monrovia, ont transformé cette cohabitation en une expérience positive, créant même un compte Instagram dédié à la vie des ours près de leur piscine, qu’ils appellent Pool Bear Life. D’autres, comme Ken Johnson à Altadena, vivent cette situation avec plus d’appréhension. En 2017, il a découvert un ours reniflant autour de sa mangeoire à oiseaux, puis en 2022, un ours de 227 kg est sorti d’un vide sanitaire sous sa maison, endommageant des conduits et provoquant une fuite de gaz. Pour éloigner ces visiteurs indésirables, les habitants utilisent des caméras, des systèmes sonores ou des tapis électrifiés, comme ceux proposés par la Bear League, une organisation locale.

Risques et conséquences

La cohabitation entre humains et ours comporte des risques, notamment lorsque les animaux s’habituent à la nourriture humaine. Une ourse nommée Blondie, qui avait blessé une femme à Monrovia en 2024, a été euthanasiée par les autorités, laissant ses petits orphelins. Les spécialistes, comme Ann Bryant de la Bear League, soulignent que les erreurs humaines, comme ne pas sécuriser les poubelles ou laisser de la nourriture accessible, transforment les ours en animaux dépendants et potentiellement agressifs. Arjun Dheer, coordonnateur de la recherche sur l’ours noir en Californie, rappelle que « un ours nourri est un ours mort », car cela augmente les risques de conflits et de comportements dangereux pour les humains et les animaux.

Origine et résilience des ours

La population d’ours noirs dans le sud de la Californie a une origine particulière. En 1933, un vendeur d’automobiles a transporté 27 ours depuis le parc national de Yosemite jusqu’aux monts San Gabriel et San Bernardino, espérant attirer des touristes. Aujourd’hui, environ 2 000 des 20 000 ours présents dans le sud de l’État descendraient de ces animaux. Les ours noirs sont résilients : ils peuvent adapter leur régime alimentaire et survivre dans divers climats. Cependant, leur anthropomorphisation par les humains, comme leur donner des noms ou partager des anecdotes, peut encourager des comportements inappropriés, comme nourrir les ours ou négliger la protection des habitations.

Ce que ça pourrait changer

La présence des ours en Californie soulève des débats parmi les habitants et les élus. Certains, comme John Harabedian, un élu de l’État, proposent d’étudier plus en détail la population d’ours du sud de la Californie, bien que son projet de loi n’ait pas été adopté en raison de son coût. D’autres résidents suggèrent des solutions radicales, comme l’euthanasie de tous les ours, tandis que d’autres estiment qu’il ne faut pas les déplacer, arguant que les ours étaient là avant les humains. Brian Gordon, qui défend une cohabitation pacifique, critique les méthodes de suivi des autorités, comme le marquage des ours, qu’il juge inutile. Les solutions proposées incluent des poubelles à l’épreuve des ours, des clôtures électrifiées et des campagnes de sensibilisation pour éviter les conflits.

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