On a enfin compris pourquoi votre chien ne vous écoute pas (toujours)
En enregistrant l'activité cérébrale de chiens et d'humains à l'écoute de certains mots, des chercheurs hongrois ont montré que nos plus fidèles compagnons comprennent mieux les consonnes que les voyelles..
Une étude récente publiée en 2026 révèle que les chiens prêtent davantage attention aux consonnes qu'aux voyelles dans les mots qu'ils entendent. Ce phénomène, appelé biais consonantique, est similaire à celui observé chez les humains. Bien que les chiens ne possèdent pas de langage structuré comme le nôtre, leur environnement quotidien les expose à des communications orales riches. Attila Andics, ethnologue à l'université Loránd-Eötvös en Hongrie, souligne que cette exposition influence leur perception auditive. Les chercheurs ont comparé ce biais entre humains et chiens en utilisant des séquences de mots sans signification, prononcés sans pause. Cette découverte montre que les chiens, comme les humains, analysent les sons de manière sélective, même sans comprendre le sens des mots.
Pour mener cette étude, les chercheurs ont recruté vingt adultes hongrois et vingt chiens. L'expérience consistait à enregistrer l'activité cérébrale des participants, humains et canins, à l'aide d'un électroencéphalogramme (EEG). Les participants écoutaient des séquences de mots sans signification, prononcés successivement sans interruption. Les scientifiques ont analysé la synchronisation neuronale, un phénomène où l'activité cérébrale suit le rythme des sons perçus. Chez les chiens, la réponse cérébrale aux mots contenant davantage de consonnes était 42 % plus forte que celle liée aux voyelles. Chez les humains, cette différence était moins marquée, avec un écart de 25 %. Ces résultats indiquent que les chiens sont plus sensibles aux consonnes que les humains, du moins dans le cadre de cette expérience.
L'étude s'est concentrée sur la langue hongroise, qui n'est pas particulièrement riche en consonnes par rapport à d'autres langues d'Europe de l'Est. Les chercheurs ont noté que le biais consonantique pourrait varier selon les langues. Par exemple, des études suggèrent que ce biais est moins marqué, voire absent, chez les locuteurs du mandarin ou du danois. Dans ces langues, les consonnes ne jouent pas un rôle plus important que les voyelles pour distinguer les mots. Cette observation souligne que la perception auditive dépend non seulement de l'espèce, mais aussi de la langue à laquelle un individu est exposé. Les chercheurs estiment que des chiens n'évoluant pas dans un environnement humain ne présenteraient pas ce biais consonantique.
Les résultats de cette étude pourraient avoir des applications pratiques pour les propriétaires de chiens. Nick Enfield, linguiste à l'université de Sydney, suggère que donner à son chien un nom comportant davantage de consonnes que de voyelles pourrait améliorer sa réceptivité. Cette recommandation repose sur l'idée que les chiens sont plus sensibles aux sons consonantiques, ce qui pourrait faciliter leur apprentissage des commandes. Cependant, les chercheurs précisent que cette étude ne porte que sur la langue hongroise et que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour généraliser ces conclusions à d'autres langues et contextes. L'objectif n'est pas de révolutionner l'éducation canine, mais d'offrir une piste pour mieux communiquer avec nos animaux de compagnie.

