Cristina García Casals, gynécologue : « il y a quinze ans
Longtemps, les bouffées de chaleur, l'insomnie ou la sécheresse intime passaient pour une fatalité à endurer sans broncher. Une génération refuse désormais ce silence et pousse la porte du gynécologue pour soulager les symptômes de la ménopause.
Il y a quinze ans, les consultations médicales pour des symptômes liés à la ménopause étaient rares, comme l’explique Cristina García Casals, gynécologue. Cette période de la vie d’une femme, marquée par l’arrêt des règles et des changements hormonaux, était souvent vécue dans le silence. Les femmes hésitaient à en parler, par manque d’information ou par pudeur, et les professionnels de santé ne la considéraient pas comme un sujet prioritaire. Aujourd’hui, cette situation a évolué : les consultations se multiplient, signe d’un changement des mentalités. La ménopause, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, s’accompagne de symptômes variés comme les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil ou les sautes d’humeur. Ces manifestations, autrefois minimisées, sont désormais mieux prises en compte par la médecine.
Cristina García Casals, gynécologue, souligne l’importance de son métier dans l’accompagnement des femmes pendant cette transition. Son rôle ne se limite pas à un suivi médical : elle joue aussi un rôle d’écoute et d’information. Les gynécologues aident les patientes à comprendre les mécanismes de la ménopause, à identifier les symptômes et à trouver des solutions adaptées, qu’il s’agisse de traitements hormonaux ou de conseils pour améliorer leur qualité de vie. Cette évolution reflète une prise de conscience collective : la ménopause n’est plus une fatalité, mais une étape de la vie à aborder avec sérénité. Les professionnels de santé sont désormais mieux formés pour répondre à ces besoins spécifiques.
Le changement observé ces dernières années est notable. Cristina García Casals explique que les femmes osent désormais consulter pour des symptômes liés à la ménopause, alors qu’elles restaient silencieuses auparavant. Ce changement s’explique par plusieurs facteurs : une meilleure information via les médias, les réseaux sociaux et les campagnes de sensibilisation, ainsi qu’une société plus ouverte sur les sujets de santé féminine. Les femmes prennent davantage conscience de l’importance de leur bien-être et n’hésitent plus à en parler à leur médecin. Cette évolution montre aussi une reconnaissance accrue des besoins spécifiques des femmes après 40 ans, une période souvent associée à des stéréotypes.
La ménopause représente un enjeu de santé publique, car elle touche une grande partie de la population féminine. En France, environ 10 millions de femmes sont concernées, selon les estimations. Une prise en charge adaptée permet de prévenir des complications comme l’ostéoporose, une maladie qui fragilise les os et augmente le risque de fractures. Les gynécologues jouent un rôle central dans cette prévention, en proposant des dépistages et des conseils personnalisés. Cette approche proactive contribue à améliorer la qualité de vie des femmes pendant et après la ménopause. Elle permet aussi de réduire les inégalités d’accès aux soins pour cette tranche d’âge.
L’avenir s’annonce prometteur pour les femmes en ménopause. Cristina García Casals souligne que les avancées médicales et les nouvelles recherches offrent des solutions toujours plus adaptées. Les traitements hormonaux, par exemple, sont aujourd’hui mieux dosés et personnalisés. Par ailleurs, les approches non médicamenteuses, comme les thérapies cognitivo-comportementales ou les activités physiques, gagnent en popularité. Ces méthodes permettent de gérer les symptômes sans recourir systématiquement aux médicaments. Enfin, la formation continue des professionnels de santé garantit une prise en charge de qualité, adaptée aux besoins de chaque patiente.

