QS propose un service de signalement des cyberviolences
Le PQ et QS ont tous deux dévoilé dimanche des mesures pour lutter contre la violence conjugale..
Québec solidaire (QS) propose la création d’un service public de signalement des cyberviolences envers les femmes, inspiré du modèle néo-zélandais. Ce service permettrait aux victimes de signaler en ligne des comportements problématiques comme le harcèlement ou les menaces, avec une intervention rapide. En Nouvelle-Zélande, l’organisme Netsafe, qui gère ce service, résout 97 % des cas signalés en moins de 15 jours, et seulement 5 % nécessitent un recours légal. Ce système vise à offrir une assistance directe et une prévention adaptée. Le coût estimé pour ce service au Québec est de 10 millions de dollars. QS justifie cette initiative par une augmentation des discours masculinistes au Québec, qu’elle considère comme un facteur de risque accru pour les femmes.
En complément du service de signalement, QS annonce la création d’un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres, chargé de coordonner les politiques publiques en la matière. Le parti propose également d’instaurer 10 jours d’absence rémunérée pour les personnes victimes de violence conjugale, afin de leur permettre de se protéger ou de se reconstruire sans perte de revenus. Ces mesures s’inscrivent dans un plan d’investissement de 600 millions de dollars pour construire jusqu’à 1 000 nouvelles places en maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Ces hébergements seraient répartis selon les besoins régionaux, en collaboration avec les organismes locaux. Ces annonces ont été faites par Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS, lors d’un point de presse à Montréal.
Le Parti Québécois (PQ) a dévoilé ses propres mesures pour lutter contre la violence conjugale, avec la construction de six nouvelles maisons d’hébergement de première étape dans des régions prioritaires : Montréal, Laval, Lanaudière, la Montérégie, l’Outaouais et la Capitale-Nationale. Ces hébergements offriront entre 70 et 80 nouvelles places. Le PQ prévoit d’investir 35 millions de dollars sur quatre ans pour ces maisons de première étape, et 52 millions de dollars pour les maisons de deuxième étape, qui accueillent les victimes après une première phase d’hébergement. Ces annonces ont été faites par Catherine Gentilcore, députée sortante et candidate dans Terrebonne, en l’absence du chef du parti, Paul St-Pierre Plamondon, occupé à préparer un débat télévisé.
Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS, a salué les propositions du PQ, les qualifiant de bon message dans la lutte contre les féminicides. Elle a souligné qu’il existe un consensus au Québec pour renforcer la protection des femmes. Plus tôt dans la campagne, la Coalition Avenir Québec (CAQ) avait promis 53,4 millions de dollars sur quatre ans pour ajouter une ressource dans chacune des 164 maisons d’aide et d’hébergement aux femmes victimes de violence conjugale de la province, ainsi que la construction de 8 nouvelles maisons pour héberger les victimes à court terme. À ce jour, ni le Parti libéral ni le Parti conservateur n’ont présenté de mesures spécifiques pour lutter contre la violence conjugale.
Les annonces des partis politiques surviennent dans un contexte marqué par une hausse des féminicides au Québec. Depuis le début de l’année 2026, au moins 13 féminicides ont été recensés, selon les données citées par Catherine Gentilcore. Cette situation a mis en lumière les lacunes des structures d’accueil, avec une femme sur deux se voyant refuser l’accès à une maison d’hébergement par manque de places disponibles. Les propositions des partis visent donc à répondre à cette urgence en augmentant les capacités d’hébergement et en améliorant les services d’accompagnement pour les victimes.

