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Il faut s’attendre à plus de glissements de terrain au Québec

Québec Science · mis à jour il y a 12 j

Les changements climatiques perturbent ce qui se passe sous nos pieds. Les glissements de terrain, loin d’être un phénomène géologique rare, risquent de survenir de plus en plus souvent..

Augmentation des glissements

Les glissements de terrain au Québec pourraient devenir plus fréquents dans les années à venir. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de changements climatiques, où les épisodes de précipitations intenses et les variations de température fragilisent les sols. Selon les experts, ces phénomènes naturels risquent de s’aggraver, notamment dans les régions où les pentes sont déjà instables ou où les sols sont saturés d’eau. Les glissements de terrain désignent des mouvements de masse de terre, de roches ou de débris qui se détachent d’une pente et descendent sous l’effet de la gravité. Ils peuvent être déclenchés par des pluies abondantes, des séismes ou des activités humaines comme la déforestation ou la construction. Les régions les plus exposées au Québec incluent les zones montagneuses des Appalaches et les basses-terres du Saint-Laurent, où les sols argileux sont particulièrement sensibles à l’érosion et à l’infiltration d’eau.

Causes principales

Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des glissements de terrain au Québec. Le premier est l’intensification des précipitations, liée aux changements climatiques. Les scientifiques observent une hausse de la fréquence et de l’intensité des pluies, surtout en automne et au printemps, périodes où les sols sont déjà gorgés d’eau. Un autre facteur est la nature des sols québécois, notamment les argiles sensibles, qui perdent leur cohésion lorsqu’elles sont saturées. Ces argiles, présentes dans le sud du Québec, peuvent se liquéfier sous l’effet de vibrations ou de charges supplémentaires, comme le passage de véhicules lourds. Enfin, les activités humaines jouent un rôle : l’urbanisation, la construction de routes ou de bâtiments sur des pentes instables, et même l’entretien des infrastructures (comme les fossés mal conçus) peuvent aggraver les risques.

Risques pour les populations

Les glissements de terrain représentent une menace pour les populations et les infrastructures au Québec. Ils peuvent endommager des routes, des ponts, des réseaux d’eau potable ou d’égouts, et couper des zones entières du reste du territoire. Les habitations situées en bas de pentes ou sur des terrains instables sont particulièrement vulnérables. Par exemple, en 2017, un glissement de terrain à Saint-Jude, dans la région de la Montérégie, avait causé la mort de quatre personnes et détruit plusieurs maisons. Les autorités locales et provinciales surveillent désormais de près les zones à risque, mais les coûts de prévention et de réparation restent élevés. Selon les estimations, les dommages causés par les glissements de terrain au Québec pourraient atteindre des dizaines de millions de dollars par an d’ici 2030, en raison de l’augmentation des événements extrêmes.

Solutions et prévention

Pour limiter les risques, les experts recommandent une combinaison de mesures préventives et de surveillance accrue. Parmi les solutions envisagées, on trouve la stabilisation des pentes par des techniques de génie civil, comme la plantation d’arbres pour retenir les sols ou la construction de murs de soutènement. Les autorités québécoises investissent également dans des systèmes d’alerte précoce, basés sur des capteurs qui détectent les mouvements de terrain ou les variations d’humidité des sols. Ces outils permettent d’avertir les populations en cas de danger imminent. Par ailleurs, des cartes de risque sont régulièrement mises à jour pour identifier les zones les plus exposées. Enfin, des campagnes de sensibilisation visent à informer les citoyens sur les comportements à adopter, comme éviter de construire sur des terrains instables ou signaler tout signe de fissuration du sol.

Ce que ça pourrait changer

Les changements climatiques sont un facteur clé dans l’augmentation des glissements de terrain au Québec. Selon les projections, les hivers pourraient devenir plus doux et plus humides, avec des chutes de neige suivies de redoux rapides, ce qui favorise la saturation des sols. Les étés, quant à eux, pourraient être marqués par des pluies diluviennes, augmentant encore le risque de mouvements de terrain. Les scientifiques soulignent que ces tendances s’inscrivent dans un phénomène global : le réchauffement climatique modifie les régimes de précipitations et les températures, rendant les sols plus instables. Le Québec n’est pas le seul touché : d’autres régions du Canada, comme la Colombie-Britannique ou Terre-Neuve-et-Labrador, observent également une hausse des glissements de terrain. Les gouvernements sont donc incités à intégrer ces risques dans leurs plans d’aménagement du territoire.

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