Racisme allégué au SPVM : la commission « était nécessaire », dit la mairesse de Montréal
Soraya Martinez Ferrada dit avoir « bon espoir » que les conversations continuent entre police et citoyens..
Une commission spéciale s'est tenue à Montréal le 12 juin dernier pour discuter des allégations de racisme au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), plus précisément dans l'unité du poste de quartier 39 à Montréal-Nord. Cette séance, organisée par la Commission de la sécurité publique, a permis à des citoyens et des organismes de poser plus de 80 questions au directeur du SPVM, Fady Dagher. L'objectif était d'entendre directement les préoccupations et les frustrations de la communauté concernant des gestes racistes présumés commis par certains policiers. Ces allégations incluent notamment la conservation de dreadlocks (tresses) de citoyens interpellés comme trophées. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a suivi l'événement virtuellement et a souligné l'importance de cette rencontre pour rebâtir la confiance entre la police et les citoyens.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a exprimé son soutien à la tenue de cette commission, la qualifiant de nécessaire pour avancer dans la résolution des problèmes de racisme au sein du SPVM. Elle a indiqué avoir suivi l'ensemble des échanges virtuellement et a salué la présence des citoyens, qui ont rempli la salle et participé activement. Martinez Ferrada a également mentionné que Jim Beis, responsable de la sécurité au comité exécutif, et Christine Black, mairesse de l'arrondissement Montréal-Nord, étaient présents sur place. Elle a reconnu que le chemin vers la reconstruction de la confiance serait long et difficile, mais a exprimé son espoir en une issue positive. Elle a insisté sur la nécessité de poursuivre les conversations pour trouver des solutions constructives.
L'absence de la mairesse Soraya Martinez Ferrada lors de la commission a été critiquée par Ericka Alneus, cheffe de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville. Cette dernière a qualifié l'occasion de manquée, estimant que la présence physique de la mairesse aurait montré un engagement plus fort envers la communauté. Malgré cette absence, Martinez Ferrada a affirmé avoir suivi attentivement les débats et les questions posées par les citoyens. Elle a également souligné que la séance avait permis au SPVM d'entendre directement les préoccupations de la population, ce qui était un pas important dans le processus de dialogue et de transparence.
En réponse aux allégations de racisme, le SPVM a pris plusieurs mesures concernant les policiers impliqués. Trois agents ont été suspendus, tandis que 13 autres ont été désarmés et affectés à des tâches à l'extérieur du quartier Montréal-Nord. Ces décisions font suite aux révélations du 12 juin, date à laquelle les allégations de gestes racistes, dont la conservation de dreadlocks comme trophées, ont été rendues publiques. Le directeur du SPVM, Fady Dagher, a reconnu lors d'une entrevue que la soirée avait été très tendue et émotive, mais a réaffirmé son engagement à rencontrer les partenaires de la communauté pour apaiser les tensions et rétablir la confiance.
Les allégations de racisme au sein du SPVM surviennent dans un contexte de tensions persistantes entre les forces de l'ordre et certaines communautés, notamment à Montréal-Nord. Cette situation a mis en lumière des problèmes structurels au sein de l'institution policière, nécessitant des actions concrètes pour restaurer la confiance. La commission du 12 juin représente une étape clé dans ce processus, mais les défis restent nombreux. Les mesures prises par le SPVM, bien que nécessaires, ne suffiront pas à elles seules à résoudre les problèmes de fond. La reconstruction de la confiance passera par un dialogue continu et des actions transparentes de la part des autorités policières et municipales.

