CPF : bientôt 350 € à payer de sa poche pour une formation, ça se précise
Le gouvernement planche sur sa copie dans le cadre du prochain budget..
Le gouvernement français envisage d’augmenter la participation financière des salariés pour financer une formation via leur Compte Personnel de Formation (CPF). Actuellement, cette contribution s’élève à 150 €, mais elle pourrait passer à 350 € dès 2027. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du budget 2027, avec pour objectif d’économiser entre 300 et 350 millions d’euros. Le CPF est un dispositif permettant à chaque actif de cumuler des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle, financés par l’État et les entreprises. La participation forfaitaire est une somme que l’employé doit payer de sa poche pour accéder à une formation, même si le reste est couvert par le CPF.
Certaines catégories de personnes seront exemptées de cette participation forfaitaire de 350 €. Les demandeurs d’emploi en font partie, ainsi que ceux qui souhaitent réaliser un bilan de compétences, une validation des acquis de l’expérience (VAE) ou une transition professionnelle. De plus, les formations dans des secteurs stratégiques ou en tension de recrutement seront également exonérées. Il s’agit notamment des métiers liés à la défense, à l’industrie, à la transition écologique ou au numérique. Ces exemptions visent à encourager les formations dans des domaines prioritaires pour l’économie française.
Pour limiter les abus et s’assurer que les formations choisies sont pertinentes, le gouvernement prévoit un contrôle préalable automatisé. Un questionnaire en ligne, géré par un algorithme, évaluera la maturité du projet professionnel du titulaire du CPF. Si l’algorithme détecte une incohérence ou un manque de cohérence dans le choix de la formation, l’utilisateur devra en discuter avec un opérateur de compétences, une structure chargée d’accompagner les actifs dans leurs projets de formation. Ce système vise à éviter les formations non adaptées ou trop coûteuses.
Cette mesure s’ajoute à une série de modifications récentes du CPF. Depuis le 2 avril 2024, la participation forfaitaire a déjà été augmentée de 50 %, passant de 102,23 € à 103,2 € début 2026, puis à 150 €. Avant cette date, les formations pouvaient être financées à 100 % par le CPF. Par ailleurs, un décret de février 2026 a plafonné à 1 500 € le financement des formations dites spécifiques, comme l’apprentissage des langues, la soudure ou les certifications informatiques. Le bilan de compétences est lui aussi limité à 1 600 €, et le financement du permis de conduire ne peut excéder 900 €.
L’objectif principal de cette réforme est de réaliser des économies significatives dans le budget de la formation professionnelle. En augmentant la participation des salariés, l’État espère réduire les dépenses publiques tout en maintenant un accès à la formation pour les actifs. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques, avec une cible de 300 à 350 millions d’euros d’économies annuelles. Elle reflète également une volonté de cibler les formations les plus utiles à l’économie, en excluant les secteurs prioritaires des nouvelles règles.

