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Généraliste

Le Grand Montréal pourrait vivre un « double choc » avec les seuils actuels d’immigration

ICI Radio-Canada · mis à jour 23 sept.

Des chambres de commerce interpellent les candidats aux élections et exigent un changement de discours..

Alerte des chambres de commerce

Seize chambres de commerce du Grand Montréal, représentant des entreprises de Montréal, Laval et des régions environnantes, lancent un avertissement aux partis politiques en lice lors des élections québécoises. Selon une étude commandée à la firme Aviseo et basée sur des projections de l’Institut de la statistique du Québec, la région pourrait perdre plus de 113 000 habitants d’ici 2035 si les seuils actuels d’immigration sont maintenus. Cette projection s’appuie aussi sur un sondage mené auprès de 500 entreprises locales. Le porte-parole des chambres, Jean-Denis Charest (PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal), qualifie cette situation de « double choc » : une baisse démographique couplée à un manque de main-d’œuvre pour financer les services publics, notamment ceux destinés aux personnes retraitées ou inactives. Il souligne que le Grand Montréal, qui concentre près de la moitié de la population du Québec, est une « locomotive économique » dont le déclin aurait des répercussions sur toute la province.

Déclin démographique imminent

Le Québec fait face à un déclin démographique sans précédent. Depuis 2024, le nombre de décès dépasse celui des naissances, ce qui signifie que la croissance de la population dépend désormais exclusivement de l’immigration. Selon l’étude, si les tendances actuelles se poursuivent, la population du reste du Québec pourrait dépasser celle du Grand Montréal d’ici deux ans. Cette situation s’explique par un vieillissement de la population et une baisse de la natalité, deux phénomènes observés dans de nombreux pays industrialisés. Le Grand Montréal, en tant que cœur économique de la province, est particulièrement vulnérable à ce déclin, car il concentre une grande partie des emplois et des services publics.

Immigration : les propositions des partis

Les partis politiques québécois proposent des cibles d’immigration permanente très variables pour les années 2026 à 2029. Le gouvernement actuel de la CAQ ( Coalition Avenir Québec ), dirigé par Christine Fréchette, a fixé un objectif de 45 000 immigrants par an, soit une baisse de 20 000 par rapport à 2025. Le Parti québécois propose un plafond de 35 000 immigrants, tandis que le Parti libéral (avec Charles Milliard) suggère une fourchette entre 45 000 et 70 000. Québec solidaire vise 70 000 immigrants, et le Parti conservateur du Québec souhaite que les municipalités déterminent elles-mêmes leurs besoins. Jean-Denis Charest estime que le Grand Montréal devrait accueillir à lui seul environ 40 000 immigrants par an pour maintenir sa position économique. Il critique l’absence de débat approfondi sur Montréal dans cette campagne électorale.

Risques économiques majeurs

Les chambres de commerce alertent sur les conséquences économiques d’un déclin démographique non maîtrisé. Jean-Denis Charest évoque des risques de fermetures d’entreprises, de perturbations des chaînes d’approvisionnement et de coûts économiques élevés. Ces problèmes sont liés à une baisse de la population active, qui finance les services publics (santé, éducation, infrastructures), tandis que le nombre de retraités et de personnes dépendantes augmente. Le Grand Montréal, qui génère une grande partie de la richesse du Québec, pourrait voir sa capacité à attirer des investissements et à innover diminuer. Les chambres de commerce craignent un cercle vicieux où le déclin démographique affaiblit l’économie, ce qui à son tour réduit l’attractivité de la région.

Ce que ça pourrait changer

Les chambres de commerce soulignent que le débat sur l’immigration est souvent simplifié par l’expression *« capacité d’accueil »*, qui désigne la capacité d’une région à intégrer de nouveaux arrivants sans nuire à la qualité de vie ou aux services publics. **Jean-Denis Charest** explique que cette capacité varie selon les régions, les sous-régions et même le type d’immigrants (travailleurs qualifiés, familles, réfugiés). Il critique les discours politiques qui fixent des limites globales sans tenir compte de ces nuances. Selon lui, une approche plus stratégique est nécessaire pour concilier les besoins du marché du travail, la démographie et la réalité locale. Les chambres de commerce demandent la tenue d’*états généraux* pour dépolitiser le débat et élaborer des politiques publiques adaptées.

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