En une année, 5 % des glaciers suisses ont fondu
Plus de 5 % de la masse des glaciers ont disparu au cours de la seule année 2026, en Suisse. Et en 5 ans, c'est près de 20 % du volume des glaciers qui ont fondu dans le pays.
En Suisse, les glaciers ont perdu 5 % de leur volume en une seule année, selon les données de l’Académie suisse des sciences naturelles. Ce chiffre, publié en 2023, marque un recul exceptionnel, bien supérieur à la moyenne des décennies précédentes. Un glacier est une masse de glace permanente qui se forme à partir de l’accumulation et de la compression de neige sur plusieurs années. Les glaciers suisses, au nombre d’environ 1 400, jouent un rôle clé dans l’équilibre écologique et hydrique du pays. Leur fonte accélérée s’explique principalement par les températures estivales élevées et les faibles chutes de neige hivernales, deux phénomènes liés au réchauffement climatique. Les scientifiques soulignent que cette perte de volume est la deuxième plus importante jamais enregistrée en Suisse, après celle de 2022, où 6 % des glaciers avaient disparu.
La disparition rapide des glaciers suisses a des répercussions directes sur les ressources en eau du pays. Ces masses de glace agissent comme des réservoirs naturels, libérant de l’eau en été lorsque les précipitations sont moins abondantes. Leur fonte accélérée perturbe ce cycle naturel, ce qui pourrait entraîner des pénuries d’eau dans certaines régions, notamment pour l’agriculture et la production hydroélectrique. La Suisse tire en effet environ 60 % de son électricité de ses barrages, dont le débit dépend en partie des glaciers. Les experts craignent également une augmentation des risques d’inondations et de glissements de terrain, car l’eau libérée en excès peut saturer les sols ou gonfler les cours d’eau. Ces phénomènes menacent aussi les écosystèmes locaux, comme les lacs et les rivières, qui abritent des espèces adaptées à des conditions plus froides.
L’Académie suisse des sciences naturelles (ASSN) est l’institution qui mesure et publie annuellement l’état des glaciers suisses. Ses équipes, composées de glaciologues et de climatologues, utilisent des méthodes comme la comparaison de photographies aériennes et des mesures de terrain pour évaluer les pertes de volume. Ces données sont ensuite compilées dans un rapport annuel, qui sert de référence pour les politiques environnementales en Suisse. Les scientifiques alertent régulièrement sur l’urgence d’agir contre le réchauffement climatique, soulignant que la fonte des glaciers est un indicateur tangible de ses effets. Leur travail permet aussi de sensibiliser le grand public et les décideurs aux enjeux liés à la préservation de ces écosystèmes fragiles.
La situation des glaciers suisses s’inscrit dans un phénomène mondial. Selon les experts, la fonte des glaciers contribue à l’élévation du niveau des océans, car l’eau stockée dans ces masses de glace se déverse dans les mers. En Suisse, cette fonte libère également des gaz à effet de serre piégés depuis des millénaires dans la glace, comme le méthane, ce qui aggrave encore le réchauffement climatique. Les scientifiques estiment que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites, la majorité des glaciers alpins pourraient disparaître d’ici la fin du siècle. Ce scénario aurait des conséquences dramatiques non seulement pour la Suisse, mais aussi pour les pays en aval des grands fleuves européens, comme le Rhin ou le Rhône, dont le débit dépend en partie de la fonte des glaciers.

