Une présentatrice vedette de la télévision égyptienne condamnée à mort pour trafic de drogue
Sarah Khalifa et onze autres personnes d’un réseau présumé ont, samedi 5 septembre, été condamnées à mort par pendaison pour fabrication et trafic de stupéfiants..
Le 5 septembre 2026, un tribunal pénal égyptien a condamné à mort par pendaison Sarah Khalifa, une présentatrice et productrice de télévision égyptienne très connue, ainsi que onze autres personnes. Elles sont accusées d’avoir formé une organisation criminelle spécialisée dans l’importation et la fabrication de stupéfiants, ainsi que leur trafic. Cette décision a été rendue publique par plusieurs médias égyptiens, dont le journal Al-Ahram, l’un des plus influents du pays. La peine de mort est une sanction exceptionnelle en Égypte, réservée aux crimes graves comme le terrorisme ou les trafics de drogue à grande échelle. Le tribunal a également saisi plus de 750 kilogrammes de drogues et de matières premières destinées à leur fabrication, ainsi que des armes à feu et des munitions non autorisées lors de perquisitions dans deux appartements servant de laboratoires clandestins.
Sarah Khalifa, âgée de 39 ans, était une figure médiatique égyptienne très populaire. Elle animait notamment l’émission Mission difficile, diffusée sur la chaîne privée Al-Mehwar, qui abordait des sujets liés à la sécurité et à la criminalité. Avec plus de 2,6 millions d’abonnés sur le réseau social Instagram, elle bénéficiait d’une visibilité importante. Parallèlement à sa carrière télévisuelle, elle gérait une clinique de chirurgie esthétique et une société spécialisée dans l’organisation d’événements et de fêtes. Son rôle dans le réseau présumé n’a pas été détaillé dans les médias, mais les autorités l’accusent d’avoir participé activement à l’organisation criminelle. Son influence médiatique a contribué à médiatiser cette affaire, qui suscite une attention particulière en Égypte.
Les autorités égyptiennes ont mené une enquête approfondie qui a permis de démanteler un réseau criminel impliqué dans le trafic de stupéfiants. Lors des perquisitions, elles ont saisi plus de 750 kilogrammes de drogues et de substances utilisées pour leur fabrication. Deux laboratoires clandestins ont été découverts, ainsi que des armes à feu et des munitions non autorisées. Ces éléments suggèrent que le réseau était organisé et bien équipé. Le tribunal a sollicité l’avis religieux du Grand Mufti d’Égypte, une étape obligatoire en Égypte pour les affaires passibles de la peine capitale, conformément à la loi égyptienne. Cette procédure, appelée fatwa, consiste en une consultation juridique basée sur les principes de l’islam, mais elle n’a pas de caractère religieux contraignant.
Le verdict rendu le 5 septembre 2026 est susceptible d’appel, comme le précise le média *Arab News*. En Égypte, les décisions de justice peuvent être contestées devant une cour d’appel, puis éventuellement devant la Cour de cassation. La procédure judiciaire peut donc s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant qu’une condamnation ne devienne définitive. La peine de mort en Égypte est rarement exécutée immédiatement après le verdict, car les recours sont nombreux et les délais d’attente peuvent être longs. Cette affaire illustre la rigueur de la justice égyptienne face aux trafics de drogue, un fléau qui touche particulièrement le pays en raison de sa position géographique stratégique entre l’Afrique et le Moyen-Orient.

