Boissons énergisantes : le Royaume-Uni suit le Québec, mais le Canada ne bouge pas
Boissons énergisantes interdites aux jeunes : le Royaume-Uni suit le Québec, mais le Canada ne bouge pas..
Le gouvernement britannique, dirigé par l'ancien premier ministre Keir Starmer, a annoncé une interdiction progressive des boissons énergisantes (BEC) contenant plus de 150 milligrammes de caféine par litre pour les jeunes de moins de 16 ans. Cette mesure entrera en vigueur en avril 2027 et s'appliquera à tous les points de vente, y compris les magasins physiques, les machines distributrices et les plateformes en ligne. Cette décision fait suite à une consultation publique menée à l'automne 2023, qui a révélé des préoccupations majeures concernant la santé des jeunes. En effet, environ 100 000 enfants au Royaume-Uni consomment ces boissons quotidiennement, selon les données récentes citées par le gouvernement.
Les autorités britanniques justifient cette interdiction par des preuves croissantes liant la consommation de boissons énergisantes à forte teneur en caféine à divers problèmes de santé chez les jeunes. Parmi les effets négatifs documentés, on trouve des maux de tête, de l'irritabilité, de la fatigue, des maux d'estomac, une réduction de la durée et de la qualité du sommeil, ainsi qu'un risque accru de difficultés émotionnelles comme le stress, l'anxiété, la dépression et même des idées suicidaires. Ces risques sont particulièrement préoccupants pour les enfants, dont le corps et le cerveau sont encore en développement. La caféine, un stimulant présent en grande quantité dans ces boissons, est au cœur de ces préoccupations.
Le Québec a devancé le reste du Canada en adoptant, en juin 2024, une loi interdisant la vente de boissons énergisantes caféinées aux moins de 16 ans. Cette initiative a été portée par une pétition de plus de 35 000 signatures, soutenue par les parents de Zachary Miron, un adolescent décédé en 2023 après avoir consommé une canette de Red Bull en combinaison avec un médicament prescrit pour son trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Leur combat a convaincu l'Assemblée nationale québécoise d'agir rapidement, faisant du Québec la première province canadienne à adopter une telle mesure.
Malgré les avancées au Québec et au Royaume-Uni, le gouvernement fédéral canadien ne semble pas pressé d'adopter une réglementation nationale similaire. La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, n'a pas confirmé l'adoption d'une interdiction fédérale, se contentant de souligner que la santé des jeunes est une priorité. Santé Canada, l'autorité de santé nationale, affirme déjà disposer d'une réglementation fédérale rigoureuse, incluant un étiquetage obligatoire indiquant que ces produits ne sont pas recommandés pour les enfants de moins de 14 ans. Cependant, les provinces conservent la possibilité d'imposer des restrictions supplémentaires, comme l'a fait le Québec.
Les cas de jeunes décédés après avoir consommé des boissons énergisantes ne sont pas isolés au Canada. Entre 2012 et 2017, au moins sept décès ont été documentés et signalés aux autorités canadiennes, selon une enquête de Radio-Canada. Parmi les victimes figuraient Brian Shepherd, un Ontarien de 15 ans, et Zachary Mitchell, un jeune de 21 ans originaire de l'Outaouais. De plus, des effets secondaires graves, tels que des palpitations cardiaques, des convulsions ou une détresse respiratoire, ont été signalés. Certains de ces cas concernaient des interactions entre les boissons énergisantes et des médicaments pour le TDAH, comme dans le cas de Zachary Miron.
Les parents de Zachary Miron, soutenus par une pétition de plus de 35 000 signatures, exhortent le gouvernement fédéral à suivre l'exemple du Québec et du Royaume-Uni. Veronica Martinez, la mère de Zachary, souligne que l'Angleterre a envoyé un message fort en plaçant la santé des jeunes avant les intérêts commerciaux. Elle considère que l'adoption d'une loi nationale est désormais une priorité incontournable pour éviter d'autres drames. Le Québec, en agissant avec courage, a montré la voie, et les parents espèrent que le reste du Canada emboîtera le pas rapidement.

