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Généraliste

Islande : suspense après un référendum à couteaux tirés sur l’UE

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 23 h

Il pourrait falloir attendre plusieurs heures avant de savoir si le « oui » ou le « non » l'emporte..

Référendum islandais

Les Islandais ont voté le 29 août 2026 lors d’un référendum sur la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE). Ce scrutin, dont les résultats ne sont pas encore connus, s’est terminé à 22 heures, heure locale. Sans sondages à la sortie des urnes, les résultats pourraient tarder plusieurs heures en raison d’une course très serrée entre les partisans du oui et ceux du non. Ce référendum est dit consultatif, ce qui signifie qu’il n’a pas de valeur légale contraignante, mais le gouvernement islandais, dirigé par la première ministre Kristrun Frostadottir, s’est engagé à respecter son issue. La question posée aux électeurs était : « L’Islande doit-elle rouvrir les négociations d’adhésion avec l’Union européenne ? ».

Enjeux économiques

L’économie islandaise, qui compte près de 400 000 habitants, a été profondément affectée par la crise financière de 2008. C’est dans ce contexte que le pays a déposé sa candidature à l’UE en 2009. Cependant, les négociations ont été gelées en 2013 avec l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique. Aujourd’hui, l’Islande participe déjà au marché unique européen via l’Espace économique européen (EEE), un accord qui facilite les échanges commerciaux mais exclut la politique commune de la pêche, un secteur clé pour l’île. L’adoption de l’euro est perçue comme une solution possible pour stabiliser une devise très volatile et réduire une inflation et des taux d’intérêt élevés, ce qui rend l’adhésion à l’UE attractive pour une partie de la population.

Positions politiques

Les sondages publiés la veille du vote donnaient une légère avance au oui, avec 50,4 % des intentions de vote, une marge statistiquement insignifiante. En cas de victoire du oui, un second référendum serait nécessaire après la conclusion d’un accord avec l’UE. Le gouvernement islandais a promis de ne pas relancer les négociations en cas de victoire du non, et envisage même de retirer formellement la candidature islandaise à l’UE. La première ministre Kristrun Frostadottir a souligné que ce vote relance le débat sur la place de l’Islande dans le monde et son positionnement géopolitique. Les politologues estiment improbable une démission du gouvernement en cas de défaite du oui.

Dimensions géopolitiques

La campagne électorale a été marquée par des enjeux géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et les ambitions de Donald Trump sur le Groenland voisin, un territoire souvent confondu avec l’Islande par l’ancien président américain. L’Islande, située aux portes de l’Arctique, ne dispose pas de forces armées et compte sur l’OTAN et un accord bilatéral avec les États-Unis signé en 1951 pour sa défense. Une adhésion à l’UE serait perçue comme un signal positif pour la politique d’élargissement de l’Union et renforcerait sa présence dans une région arctique de plus en plus convoitée. Elle pourrait aussi relancer le débat en Norvège, qui reste réticente à rejoindre l’UE.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement islandais a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse le lendemain du scrutin pour expliquer les suites à donner au résultat. En cas de victoire du *non*, il a déjà promis de ne pas rouvrir les négociations pendant son mandat, qui s’achève en 2028. Les partisans des deux camps s’attendent à un résultat très serré. Une consultante de 24 ans, **Lovisa Olafsdottir**, a estimé que la dynamique penchait en faveur du *non* depuis une semaine, tandis qu’un militant de 48 ans, **Freyr Rognvaldsson**, espérait une victoire du *oui*. Les résultats définitifs pourraient mettre plusieurs heures à être connus en raison de l’absence de sondages à la sortie des urnes.

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