L’Iran vise à nouveau le Golfe et promet de venger une attaque américaine meurtrière
L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines au Koweït et aux Émirats arabes unis..
L’Iran a mené jeudi 3 septembre 2026 des frappes ciblées contre des bases militaires américaines au Koweït et aux Émirats arabes unis, en utilisant des missiles et des drones. Ces attaques visaient notamment des systèmes de communication par satellite, des dépôts d’équipement et des hangars d’avions de combat situés sur la base aérienne Ahmad Al-Jaber au Koweït, ainsi que des systèmes radars américains sur la base al-Minhad aux Émirats. Ces représailles font suite à une série de bombardements américains en Iran, dont l’un a causé la mort de 19 personnes, dont 7 militaires, lors d’une frappe sur un mariage dans le district de Sirik (sud-est de l’Iran). Près de 70 personnes ont été blessées dans cette attaque, qui a marqué l’un des bilans les plus lourds des derniers mois. L’Iran a également annoncé la mort de six membres de sa marine dans d’autres frappes américaines, sans préciser s’ils faisaient partie des 19 victimes.
En réponse aux frappes américaines ayant tué 19 personnes, dont des civils lors d’un mariage, l’Iran a juré de se venger. Ahmad Vahidi, chef des Gardiens de la Révolution (une puissante armée iranienne distincte de l’armée régulière), a déclaré que « le sang pur de ces martyrs [...] ne restera pas impuni et sera certainement vengé ». Téhéran a accusé les États-Unis d’avoir commis un crime de guerre et a riposté en ciblant non seulement des bases américaines, mais aussi des alliés de Washington dans la région, comme la Jordanie, Bahreïn et l’Irak. Ces représailles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à « briser les fondements de l’ennemi », selon les termes du régime iranien, sans que les détails de cette nouvelle approche ne soient précisés.
Le conflit actuel entre l’Iran et les États-Unis s’inscrit dans un contexte de tensions prolongées au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport d’hydrocarbures. L’Iran, qui contrôle partiellement ce détroit depuis des mois, cherche à limiter le passage des navires, tandis que les États-Unis imposent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Le président américain Donald Trump a récemment plaisanté en suggérant de renommer le détroit d’Ormuz en « détroit Trump », soulignant l’importance stratégique de cette zone pour Washington. Les négociations diplomatiques pour mettre fin au conflit restent dans l’impasse, malgré les appels à la négociation lancés par le président iranien.
Les frappes récentes ont provoqué une hausse des cours du pétrole, le Brent (référence mondiale) dépassant temporairement les 95 $US (131 $CA) le baril, avant de redescendre sous ce seuil. Les investisseurs restent cependant sceptiques quant à une normalisation rapide des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz, selon Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. Parallèlement, les États-Unis renforcent la pression économique sur l’Iran en annonçant un nouveau train de sanctions secondaires visant les partenaires commerciaux de Téhéran. Ces mesures, annoncées par Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie, lors d’une visite au Venezuela, visent à isoler davantage l’économie iranienne. L’administration Trump mise également sur des sanctions pour affaiblir le régime iranien, tout en maintenant une posture militaire agressive.
Bien que les États-Unis n’aient pas mené de nouvelles frappes en Iran ces dernières heures, Donald Trump a réaffirmé que Washington restait prêt à frapper à tout moment. Cependant, l’opposition démocrate aux États-Unis met en doute la capacité militaire américaine, évoquant un épuisement des stocks de munitions, une affirmation que l’administration Trump conteste. Le conflit, impopulaire et coûteux, place Trump dans une position délicate, d’autant que les négociations diplomatiques n’avancent pas. Les tensions persistent donc, avec un risque d’escalade supplémentaire dans une région déjà instable, où les intérêts économiques et stratégiques des grandes puissances se croisent.

