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Quantique : pour les services de renseignement, le niveau de la menace « est maximal »

Next.ink · mis à jour il y a 16 j

Le « Q-Day » pourrait avoir lieu aux alentours de 2030-2035, même si actuellement les machines quantiques rencontrent de nombreuses limitations. Les pays et les services de renseignements se préparent car la guerre fait déjà rage sur les financements, les brevets et les ingérences avec des laboratoires de recherche sous surveillance.

Q-Day approche

Le Q-Day désigne une date hypothétique, estimée entre 2030 et 2035, à laquelle les ordinateurs quantiques pourraient devenir suffisamment puissants pour menacer les systèmes de chiffrement actuels. Ces systèmes, comme ceux utilisés pour sécuriser les communications bancaires ou gouvernementales, reposent sur des algorithmes considérés comme inviolables aujourd’hui. Cependant, les machines quantiques pourraient les rendre obsolètes en quelques minutes, voire quelques secondes, en exploitant des propriétés physiques comme la superposition quantique ou l’intrication. Les services de renseignement, comme la DGSE en France ou la NSA aux États-Unis, considèrent cette menace comme « maximale » car elle remettrait en cause la sécurité des données à l’échelle mondiale.

Financements en jeu

La France a alloué 1,8 milliard d’euros à sa Stratégie nationale quantique (SNQ) pour la période 2021-2025, dont 1,5 milliard proviennent de fonds publics. Emmanuel Macron a annoncé en mai 2026 un complément d’un milliard d’euros pour les technologies quantiques d’ici 2030. Cependant, la Cour des comptes juge ces montants insuffisants et estime que la filière française a besoin de plus de 1,5 milliard d’euros supplémentaires entre 2026 et 2028. Elle souligne que les autres grands pays développés augmentent leurs investissements dans ce domaine, ce qui place la France en retard. L’institution recommande de mobiliser davantage de capitaux privés et de renforcer les partenariats européens pour combler ce retard.

Guerre technologique

Les avancées en informatique quantique ne se limitent pas à la recherche académique : elles s’accompagnent d’une compétition intense entre les États. Les services de renseignement surveillent de près les laboratoires de recherche, craignant des ingérences ou des vols de brevets. Cette « guerre » se manifeste aussi par des financements massifs et des stratégies nationales, comme en Chine ou aux États-Unis, où des milliards de dollars sont injectés chaque année. En Europe, la France et ses partenaires tentent de structurer une réponse commune, mais les enjeux sont colossaux : maîtriser le quantique pourrait offrir un avantage stratégique majeur en cryptographie, en modélisation scientifique ou en intelligence artificielle.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les annonces et les investissements, les ordinateurs quantiques actuels restent limités. Ils sont encombrants, coûteux et sujets à des erreurs en raison de leur sensibilité aux perturbations extérieures, un phénomène appelé *décohérence quantique*. Aucun pays ne dispose encore d’une machine quantique suffisamment fiable pour casser des codes ou résoudre des problèmes complexes en temps réel. Les chercheurs travaillent sur des technologies comme les *qubits* (unités de base de l’information quantique) ou les *algorithmes hybrides*, qui combinent calcul classique et quantique pour contourner ces obstacles. Pour l’instant, le *Q-Day* reste une menace future, mais les préparatifs s’intensifient.

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