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Quels métiers sont les moins menacés par l’IA, et lesquels le sont le plus ? Anthropic répond de manière très claire

Presse-Citron · mis à jour il y a 3 j

Anthropic publie une nouvelle méthode pour évaluer l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Celle-ci ne s’appuie pas uniquement sur les données théoriques sur les performances de l’IA, mais aussi sur des données sur la manière dont la technologie est réellement utilisée..

Nouvelle méthode d'évaluation

Anthropic, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) et concurrente d’OpenAI, a développé une nouvelle méthode pour évaluer l’exposition des métiers à l’automatisation par l’IA. Contrairement aux approches précédentes qui se basaient uniquement sur les capacités théoriques de l’IA à remplacer des tâches humaines, cette méthode intègre également des données réelles issues de l’utilisation de ses produits, comme l’IA Claude et son API. L’objectif est de mesurer plus précisément l’impact potentiel de l’IA sur l’emploi, en tenant compte des limites pratiques qui peuvent ralentir ou empêcher son adoption dans certains secteurs. Par exemple, des contraintes juridiques, des exigences techniques ou des étapes de vérification humaine peuvent freiner l’automatisation, même si l’IA est théoriquement capable d’effectuer une tâche.

Écarts entre théorie et pratique

Anthropic souligne que les capacités théoriques de l’IA ne reflètent pas toujours son utilisation réelle dans les entreprises. Certaines tâches que l’IA pourrait théoriquement automatiser ne sont pas mises en œuvre en pratique, soit en raison des limites des modèles d’IA actuels, soit à cause d’obstacles externes comme des réglementations strictes ou des besoins en logiciels spécifiques. Pour illustrer ces écarts, l’entreprise a publié un graphique comparant la capacité théorique de l’IA à automatiser un métier (représentée en bleu) et son exposition réelle à l’automatisation (en rouge). Cette approche permet de mieux anticiper les perturbations économiques liées à l’IA, qui pourraient ressembler à des transitions progressives, comme celles provoquées par l’arrivée d’Internet ou par l’ouverture des échanges avec la Chine, plutôt qu’à des chocs brutaux.

Métiers les plus exposés

Selon la méthodologie d’Anthropic, les métiers les plus exposés à l’automatisation par l’IA sont ceux dont les tâches peuvent être facilement réalisées par des outils d’IA. En tête de liste, on trouve les programmeurs informatiques, suivis des représentants de service client. Ces métiers reposent sur des activités répétitives ou basées sur des règles, comme la rédaction de code ou la gestion de requêtes clients, qui sont déjà partiellement automatisables avec les technologies actuelles. L’entreprise précise que cette liste est susceptible d’évoluer au fil du temps, à mesure que les capacités de l’IA progressent et que son adoption se généralise dans différents secteurs. L’analyse couvre l’ensemble des métiers et vise à identifier les futurs bouleversements sur le marché du travail.

Métiers les moins menacés

Anthropic estime que 30 % des travailleurs occupent des métiers peu exposés à l’automatisation par l’IA, car leurs tâches apparaissent rarement dans les données utilisées pour entraîner les modèles ou sont difficiles à standardiser. Parmi ces métiers figurent des professions manuelles ou relationnelles, comme cuisinier, mécanicien de moto, sauveteur ou barman. Ces emplois reposent souvent sur des compétences pratiques, une interaction humaine directe ou une adaptabilité qui dépasse les capacités actuelles de l’IA. L’entreprise souligne que cette catégorie pourrait se réduire à mesure que les technologies d’IA évoluent, mais que certains métiers resteront probablement moins vulnérables en raison de leur nature intrinsèque.

Ce que ça pourrait changer

Anthropic présente sa méthode comme un outil pour mieux comprendre l’impact de l’IA sur l’emploi et anticiper les perturbations économiques futures. L’entreprise reconnaît que cette approche ne permet pas de capturer tous les canaux par lesquels l’IA pourrait transformer le marché du travail, mais elle offre une base pour des réévaluations régulières. L’objectif est d’identifier les risques avant qu’ils ne deviennent significatifs, afin d’aider les acteurs économiques et les décideurs à s’adapter. Cependant, l’entreprise admet que l’impact de l’IA pourrait être plus subtil et progressif que des crises brutales, comme celles liées à la pandémie de COVID-19, et ressembler davantage à des transformations structurelles comme celles observées avec l’essor d’Internet.

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