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Au Bénin, des réfugiés reconstruisent leur vie grâce à la solidarité

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour il y a 20 j

« Je ne cherchais pas à quitter mon village. Je voulais simplement vivre en paix avec ma famille.

Crise des réfugiés au Bénin

Depuis février 2026, le Bénin accueille des milliers de réfugiés et demandeurs d'asile fuyant les violences au Nigeria voisin. Ces personnes, souvent victimes de groupes armés ou de réseaux criminels, traversent la frontière pour échapper à des menaces comme des exécutions sommaires ou des destructions de villages. Parmi elles, Soumalaïla témoigne avoir perdu son mari sous ses yeux avant de fuir avec ses enfants. Les violences dans cette région d'Afrique de l'Ouest, notamment dans l'État de Borno au Nigeria, poussent des familles entières à chercher refuge. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) souligne l'ampleur de cette crise, qui s'ajoute à des déplacements internes déjà importants au Nigeria.

Accueil sans camps

Contrairement à d'autres pays qui installent les réfugiés dans des camps, le Bénin a choisi une approche différente : intégrer les nouveaux arrivants au sein des communautés locales. Cette méthode, appelée accueil en milieu ouvert, vise à préserver la dignité des réfugiés tout en favorisant leur intégration. Cependant, cette solidarité spontanée, bien que remarquable, est mise à rude épreuve par l'afflux continu de personnes. Les familles béninoises, déjà confrontées à la pauvreté, partagent leurs maigres ressources (logement, nourriture, eau) avec les réfugiés, parfois hébergeant jusqu'à une centaine de personnes. Cette situation crée une pression croissante sur les infrastructures locales comme les écoles, les centres de santé ou les points d'eau.

Enjeux éducatifs

L'un des défis majeurs concerne l'éducation des enfants réfugiés. Au Nigeria, ces enfants étaient scolarisés dans un système anglophone, tandis qu'au Bénin, l'enseignement est dispensé en français avec des programmes différents. Cette transition linguistique et pédagogique risque de provoquer des abandons scolaires, d'autant plus que la rentrée 2026-2027 approche. Les autorités locales craignent également que ces enfants, privés de cadre scolaire stable, ne deviennent vulnérables à l'exploitation, au travail forcé ou au recrutement par des groupes armés. L'UNICEF, l'agence des Nations Unies pour l'enfance, travaille à adapter les systèmes éducatifs pour éviter ces risques.

Projets d'autonomie

Pour reconstruire leur vie, de nombreux réfugiés ne veulent pas dépendre uniquement de l'aide humanitaire. À Tanguiéta et Natitingou, des projets de maraîchage (culture de légumes) ont été mis en place, réunissant réfugiés, personnes déplacées et communautés locales. Ces initiatives permettent aux participants de retrouver des revenus et une certaine autonomie. Par exemple, des parcelles agricoles sont cultivées collectivement, offrant à la fois des produits à vendre et une source de nourriture. Ces projets répondent à un besoin exprimé par les réfugiés : retrouver les moyens de subvenir à leurs besoins, comme ils le faisaient avant la crise. L'aide d'urgence reste nécessaire, mais l'objectif est de favoriser l'autosuffisance.

Coopération internationale

Face à l'ampleur des besoins, une réponse collective est organisée au Bénin. Plusieurs agences des Nations Unies interviennent en complémentarité : le HCR s'occupe de la protection des réfugiés et de leur inclusion sociale, l'UNICEF soutient l'éducation et la protection de l'enfance, le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit une aide alimentaire et des transferts d'argent, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) accompagne les mouvements de population, et l'UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) intervient en santé sexuelle et reproductive. Les autorités béninoises, les collectivités locales et la société civile collaborent également avec ces partenaires. Cette coordination est essentielle pour répondre à une crise qui dépasse les capacités d'un seul acteur.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l'élan de solidarité des communautés béninoises, les capacités d'accueil atteignent leurs limites. Les infrastructures locales (écoles, centres de santé, points d'eau) sont saturées par l'arrivée continue de réfugiés. Pour mieux cerner les besoins, une opération d'enregistrement des personnes réfugiées a été lancée par l'Agence béninoise de protection civile, avec l'appui de partenaires. Cette démarche permet d'identifier les priorités, comme l'accès à l'eau potable, aux soins ou à l'emploi. La Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a réaffirmé l'engagement du système onusien à soutenir le gouvernement béninois tout en renforçant la résilience des communautés, afin qu'aucune personne fuyant la violence ne soit abandonnée.

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