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La PDG de Santé Québec rappelée à l’ordre pour manque d’impartialité

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 27 j

Le gouvernement a reproché à Geneviève Biron son intervention directe auprès du chef du Parti québécois..

Rappel à l'ordre officiel

Le 9 octobre 2026, le gouvernement québécois a officiellement rappelé à l'ordre Geneviève Biron, présidente-directrice générale (PDG) de Santé Québec, pour manquement à son devoir d'impartialité et d'intégrité pendant la campagne électorale. Cette intervention a été menée par Julie Gingras, secrétaire générale associée responsable des emplois supérieurs, lors d'une rencontre en septembre 2026. Le ministère du Conseil exécutif (MCE) a confirmé cette démarche, soulignant que les hauts fonctionnaires québécois, y compris les dirigeants de sociétés d'État comme Santé Québec, doivent respecter un devoir de réserve et rester neutres politiquement, quel que soit le parti au pouvoir ou les déclarations des partis d'opposition. Cette obligation vise à préserver la confiance des citoyens dans l'administration publique. Santé Québec a confirmé cette rencontre et réaffirmé l'importance de ces principes dans son Code d'éthique.

Lettre controversée à un parti

Geneviève Biron a écrit une lettre au chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, en septembre 2026, pour lui proposer une rencontre et « corriger certains faits erronés » concernant sa proposition d'abolir Santé Québec. Cette initiative a suscité des tensions, car elle a été perçue comme une prise de position politique de la part d'une haute fonctionnaire, dont le rôle est de rester neutre. Le PQ, qui envisageait d'abolir cette société d'État pour économiser entre 40 et 100 millions de dollars par an sur un budget total de 46 milliards de dollars, a critiqué cette démarche. Paul St-Pierre Plamondon a accusé Geneviève Biron d'avoir posé un geste « absolument politique » lors d'une conférence de presse le 21 août 2026. Cette lettre s'ajoute à d'autres incidents qui ont créé un malaise au sein du gouvernement, de Santé Québec et du PQ.

Communiqué et fuite de rapport

Le 21 août 2026, Santé Québec a publié un communiqué de presse juste avant une annonce de Paul St-Pierre Plamondon, où elle mettait en avant les avancées du dossier de reconstruction de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Cette publication a été perçue comme une tentative d'influencer le débat politique. Un autre incident a eu lieu le 23 septembre 2026, lors du débat des chefs : un rapport de la firme Deloitte, commandé par Santé Québec pour un montant de 80 000 dollars et daté du 10 août 2026, a été rendu public par La Presse avant la fin de la campagne électorale. Ce rapport estimait à 1,9 milliard de dollars les économies réalisées grâce à l'action de Santé Québec. Le PQ a critiqué cette fuite, la qualifiant d'autopromotion et remettant en cause l'indépendance du rapport, car Deloitte est aussi chargée de produire les états financiers de Santé Québec depuis mars 2026.

Rôle et enjeux de Santé Québec

Santé Québec est une société d'État créée fin 2024, distincte du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Elle emploie 735 salariés et compte 250 gestionnaires à son siège social, avec 132 postes vacants. Selon le PQ, son effectif total (Santé Québec + MSSS) aurait augmenté d'environ 900 employés par rapport à mars 2024, avant sa création. L'objectif affiché de Santé Québec est de moderniser le réseau de la santé, par exemple en réduisant les listes d'attente, comme l'a souligné la ministre sortante Sonia Bélanger en août 2026. Le PQ propose de l'abolir pour supprimer des dédoublements administratifs et réinvestir les économies dans les soins directs, tandis que ses partisans défendent son rôle dans la gestion des projets informatiques et financiers du réseau.

Ce que ça pourrait changer

Face aux critiques, Santé Québec a réaffirmé sa neutralité politique dans une déclaration par courriel, précisant que cette valeur est un principe central de son Code d'éthique et s'applique à tous ses employés. La société d'État a confirmé avoir maintenu des liens avec les cabinets ministériels pendant la campagne, notamment pour coordonner la communication autour du projet informatique SIFA, dont les coûts ont été revus à la hausse. France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, avait utilisé des chiffres fournis par Santé Québec, certains s'étant révélés inexacts. Santé Québec a également indiqué avoir rencontré toutes les formations politiques dès le printemps 2026 pour leur présenter ses enjeux. Enfin, le 30 juillet 2026, elle a suspendu l'affichage de certains postes vacants à son siège social, selon *Le Devoir*.

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