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Généraliste

Communauté LGBTQ+ : que promettent les partis?

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 oct.

Des organismes LGBTQ+ interpellent les partis sur la pluriparentalité et les soins d'affirmation de genre..

Hausse des discriminations

Selon Laurent Breault, directeur général de la Fondation Émergence, la visibilité accrue des personnes LGBTQ+ au Québec s’accompagne d’une recrudescence des actes homophobes et transphobes. Il évoque un effet de ressac : plus les communautés gagnent en représentation, plus les résistances et les violences augmentent. Par exemple, le Québec a connu une hausse des cas de discrimination à l’école, où le mot gai est redevenu une insulte courante, un phénomène comparable aux années 2000. Pour lutter contre cette tendance, Breault demande un financement accru du Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie et la transphobie, actuellement doté de 24 millions d’euros pour la période 2023-2028. Ce plan finance des organismes communautaires, mais son budget pourrait être réévalué pour s’adapter à cette nouvelle vague de haine.

Accès aux soins trans

Victoria F. Legault, directrice générale de l’organisme Aide aux trans du Québec, souligne les délais excessifs pour accéder aux chirurgies d’affirmation de genre à la clinique GRS Montréal, la seule au Québec à offrir ces interventions dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de la Santé. Les attentes peuvent atteindre deux ans pour une mastectomie (ablation des seins) et trois ans pour une vaginoplastie (création d’un vagin). Ces retards aggravent les problèmes de santé mentale des personnes concernées. Legault critique également des mesures récentes de la CAQ (Coalition avenir Québec), comme la directive de 2025 imposant aux personnes transgenres incarcérées d’être détenues selon leur sexe anatomique plutôt que leur identité de genre, ou encore l’interdiction du pronom iel dans les communications gouvernementales. Elle espère que le prochain gouvernement corrigera ces mesures.

Pluriparentalité bloquée

La Coalition des familles LGBT+ milite pour la reconnaissance légale de la pluriparentalité, c’est-à-dire la possibilité pour un enfant d’avoir plus de deux parents. En 2023, un jugement de la Cour supérieure du Québec a confirmé cette possibilité, mais le gouvernement de la CAQ a fait appel de cette décision en 2024. La directrice générale de la coalition, Marie-Pier Boisvert, dénonce cet appel comme un mauvais usage de l’argent public et demande au prochain gouvernement d’abandonner cette procédure. La cause doit être entendue en novembre 2026. Sans cette reconnaissance, les familles non traditionnelles, comme celles issues de relations polyamoureuses, restent dans une situation juridique précaire.

Éducation sexuelle en danger

Le Conseil québécois LGBT défend le maintien du cours d’éducation à la sexualité dans les écoles, tel qu’il est actuellement conçu. Ce programme, introduit en 2018, aborde des thèmes comme la diversité sexuelle et l’identité de genre de manière adaptée à l’âge des élèves. Cependant, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a proposé en 2023 de réexaminer son contenu, évoquant des dérives idéologiques liées à la théorie du genre. En 2025, le PQ s’est opposé à une motion de Québec solidaire visant à reconnaître la qualité de ce programme. Magali Boudon, directrice du Conseil québécois LGBT, souligne que ces cours sont essentiels pour lutter contre l’intolérance croissante et protéger les enfants LGBTQ+, dont la construction identitaire est actuellement en recul.

Ce que ça pourrait changer

Les principaux partis politiques québécois ont réagi aux revendications de la communauté LGBTQ+. La *Coalition avenir Québec* (CAQ) affirme avoir déjà mis en place un plan d’action de 24 millions d’euros contre l’homophobie et la transphobie, et prévoit des consultations en 2027 pour le renouveler. Le *Parti québécois* (PQ) se présente comme un allié historique des droits LGBTQ+, sans préciser de mesures concrètes pour l’instant. Le *Parti libéral du Québec* (PLQ) promet de renouveler le plan d’action, d’identifier les obstacles dans les parcours de soins des personnes trans, et de renforcer la lutte contre l’intimidation dans les écoles. *Québec solidaire* soutient toutes les revendications citées, mais souhaite aller plus loin en intégrant les soins d’affirmation de genre à la *RAMQ* (Régie de l’assurance maladie du Québec), comme pour tout autre soin. Le *Parti conservateur d’Éric Duhaime* n’a pas répondu aux demandes de Radio-Canada.

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