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Environnement

D'ici 2030, l'impact environnemental de l'IA pourrait être multiplié par 7

Reporterre · mis à jour 30 sept.

L'intelligence artificielle ( IA ) se développe à un rythme fulgurant et insoutenable pour la planète. Rien qu'entre 2025 et 2030, sa consommation d'électricité — et ses émissions de CO 2 — devraient être multipliées par 7.

Croissance de l'IA

L’intelligence artificielle (IA) connaît une expansion rapide depuis plusieurs années, avec une augmentation significative de son utilisation dans divers secteurs comme la santé, l’éducation ou l’industrie. Cette croissance s’accompagne d’une demande accrue en ressources informatiques, notamment en calculs et en stockage de données. Selon une étude citée par l’article, l’impact environnemental de l’IA pourrait être multiplié par 7 d’ici 2030 par rapport à 2023. Cette projection repose sur l’hypothèse d’une adoption massive des technologies d’IA dans les années à venir, sans changement majeur dans les pratiques actuelles. L’IA désigne ici des systèmes capables d’imiter des comportements humains, comme les chatbots ou les algorithmes de reconnaissance d’images, qui nécessitent d’énormes quantités d’énergie pour fonctionner.

Impact énergétique

L’article souligne que l’IA consomme une quantité croissante d’énergie, principalement pour entraîner et faire fonctionner des modèles complexes. Par exemple, l’entraînement d’un grand modèle de langage comme ceux utilisés dans les chatbots peut nécessiter l’équivalent de plusieurs centaines de tonnes de CO₂, soit l’empreinte carbone d’un vol transatlantique. En 2023, l’IA représentait environ 1 % de la consommation électrique mondiale, mais cette part pourrait atteindre 4,5 % d’ici 2030 selon les estimations. Cette hausse s’explique par l’augmentation du nombre de centres de données (data centers), ces infrastructures qui hébergent les serveurs informatiques, et par la complexité croissante des algorithmes. Les data centers sont souvent critiqués pour leur consommation énergétique élevée, notamment en raison de leur refroidissement et de leur alimentation électrique.

Origine des émissions

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’IA proviennent principalement de deux sources : la fabrication des équipements informatiques et leur utilisation quotidienne. La production des serveurs et des puces électroniques, comme les GPU (unités de traitement graphique utilisées pour l’IA), génère une empreinte carbone importante en raison de l’extraction des minerais rares et de la consommation d’énergie des usines. Par ailleurs, l’utilisation des data centers repose souvent sur des énergies fossiles, même si certains pays commencent à intégrer des sources renouvelables. En 2023, les émissions annuelles de l’IA étaient estimées à environ 200 millions de tonnes de CO₂, un chiffre qui pourrait atteindre 1 400 millions de tonnes d’ici 2030 si aucune mesure n’est prise.

Acteurs concernés

Plusieurs acteurs jouent un rôle clé dans cette problématique, notamment les grandes entreprises technologiques comme Microsoft, Google ou Amazon, qui développent et exploitent des modèles d’IA. Ces entreprises sont souvent pointées du doigt pour leur manque de transparence sur l’impact environnemental de leurs infrastructures. Les gouvernements et les régulateurs ont également un rôle à jouer, notamment en imposant des normes pour réduire l’empreinte carbone des data centers ou en encourageant l’utilisation d’énergies renouvelables. Enfin, les utilisateurs finaux, qu’ils soient particuliers ou entreprises, contribuent indirectement à cette croissance en adoptant massivement des outils d’IA sans toujours en mesurer les conséquences environnementales.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette situation, des pistes sont explorées pour limiter l’impact environnemental de l’IA. L’une des solutions consiste à améliorer l’efficacité énergétique des *data centers* en optimisant leur refroidissement et en utilisant des énergies renouvelables. Par exemple, certains centres de données sont désormais alimentés par des parcs éoliens ou solaires. Une autre approche vise à réduire la complexité des algorithmes pour diminuer leur consommation énergétique, sans pour autant sacrifier leurs performances. Enfin, des initiatives émergent pour encourager une utilisation plus responsable de l’IA, comme le partage de ressources entre entreprises ou la mutualisation des infrastructures. Cependant, ces mesures restent insuffisantes pour inverser la tendance actuelle sans une action coordonnée à grande échelle.

Sujets complémentaires

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