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Généraliste

À quoi ressemblent les candidats qui aspirent à devenir député au Québec?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

Un total de 908 personnes ont déposé leur candidature en vue du scrutin du 5 octobre prochain..

Nombre de candidats

Pour les élections générales québécoises de 2026, 908 personnes ont déposé leur candidature, soit une augmentation par rapport à 2022 mais une baisse comparé à 2018. Les cinq principaux partis politiques (CAQ, PLQ, QS, PQ, PCQ) présentent un candidat dans chacune des 127 circonscriptions, tandis que les quinze autres partis en lice comptent 254 aspirants au total. On dénombre également 19 candidats indépendants. Ces chiffres illustrent une compétition électorale diversifiée, mais aussi des inégalités dans la représentation des différents partis selon leur taille et leur influence.

Parité hommes-femmes

Le Québec a atteint pour la première fois la zone paritaire (plus de 40% de femmes candidates) en 2022, et cette tendance se poursuit en 2026 avec 42,6% de femmes parmi les candidats. Tous les partis, sauf le Parti conservateur du Québec (PCQ), respectent cette zone, avec seulement 26,8% de candidates pour ce dernier. Québec solidaire (QS) est le seul parti à présenter systématiquement plus de femmes que d'hommes depuis sa création en 2006. La zone paritaire à l'Assemblée nationale a été atteinte dès 2018, mais des obstacles persistent : les femmes sont souvent cantonnées à des circonscriptions moins favorables, et leur élection dépend davantage de facteurs externes que de la volonté des électeurs. Les experts soulignent que la barrière se situe en amont, lors de la sélection des candidats.

Âge des candidats

L'âge moyen des candidats a augmenté, passant de 42 ans en 1998 à 47 ans en 2026, mais reste inférieur à celui des députés élus à l'Assemblée nationale. Les jeunes de 18 à 29 ans sont le groupe le moins représenté, pour la deuxième élection consécutive. Les candidats de moins de 35 ans ne représentent que 12,6% des candidatures et n'ont que 8,6% de chances d'être élus, selon Force jeunesse. Les partis politiques tendent à placer les jeunes dans des circonscriptions difficiles, limitant leurs chances de succès. Cette pratique, bien que non intentionnelle, réduit la diversité générationnelle à l'Assemblée, où aucun député n'avait moins de 35 ans avant la dissolution de 2026.

Représentation des jeunes

Québec solidaire (QS) se distingue par une proportion plus élevée de candidats jeunes, reflétant son engagement en faveur de la diversité générationnelle. Les experts soulignent que l'âge peut être un critère de discrimination, notamment pour les électeurs plus âgés, qui associent souvent compétence et expérience. Marc-André Bouvette, président de Force jeunesse, estime qu'il existe un déséquilibre entre les candidats expérimentés et les jeunes, malgré leur potentiel. Il propose des mesures pour encourager une meilleure représentation des moins de 35 ans, comme lier le financement politique à des objectifs de diversité générationnelle.

Barrières invisibles

Au-delà des chiffres, des barrières invisibles limitent la diversité des candidats. Joanie Bouchard, professeure à l'Université de Sherbrooke, souligne que de nombreux candidats potentiels renoncent en raison de contraintes personnelles, professionnelles ou financières. Les réseaux d'influence jouent également un rôle clé : certains milieux, comme celui des avocats ou des enseignants, offrent plus facilement des conditions favorables pour se lancer en politique. Ces obstacles expliquent pourquoi les députés élus ont souvent un profil professionnel récurrent, comme avocat, commerçant, enseignant ou médecin, depuis 1923.

Diversité et représentation

Les experts insistent sur l'importance d'une Assemblée nationale qui reflète la diversité de la société québécoise, tant en termes de genre, d'âge que de milieu socio-économique. Une représentation plus large permettrait de mieux répondre aux préoccupations de l'ensemble des citoyens. Mercédez Roberge, spécialiste de la représentation des femmes en politique, propose de lier le financement des partis à des objectifs de parité et de diversité. Sans mesures contraignantes, les progrès risquent de rester limités, car les partis politiques agissent souvent par bonne volonté plutôt que par obligation.

Ce que ça pourrait changer

Le portrait définitif de l'Assemblée nationale ne sera connu que le 5 octobre 2026, date des élections. Les experts restent prudents quant à l'impact des tendances actuelles sur la composition finale des députés. Même si les candidatures reflètent une meilleure diversité, leur élection dépend de nombreux facteurs, dont la stratégie des partis et les préférences des électeurs. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour savoir si les efforts en faveur de la parité et de la représentation générationnelle porteront leurs fruits.

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