Feux de forêt : Paris sollicite l’aide de l’UE, état d’urgence en Espagne
L'année 2026 est actuellement au 2e rang des surfaces brûlées dans l'UE depuis deux décennies de mesures..
L’Europe du Sud est frappée par des incendies d’une intensité exceptionnelle en 2024. La France, l’Espagne et l’Italie enregistrent des surfaces brûlées parmi les plus importantes depuis vingt ans. Selon les données du Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), l’année 2024 se classe au deuxième rang des surfaces carbonisées dans l’Union européenne (UE) depuis le début des mesures. La France connaît sa pire année en termes d’incendies, tandis que l’Espagne et l’Italie subissent également des feux dévastateurs. Ces catastrophes sont liées à des conditions météo extrêmes : sécheresse prolongée et canicules intenses, aggravées par le changement climatique, comme le confirme une étude publiée par le groupe World Weather Attribution le 11 juillet 2024. Les sols et la végétation, très secs depuis des mois, s’enflamment plus facilement, favorisant la propagation rapide des flammes.
En France, les incendies touchent particulièrement le sud-ouest et le sud-est. Dans les Landes de Gascogne (sud-ouest), un feu parti mercredi 10 juillet 2024 a déjà brûlé 4 800 hectares et entraîné l’évacuation de plus de 20 000 personnes, dont les habitants de plusieurs villages du bassin d’Arcachon et de la presqu’île du Cap-Ferret. Un autre incendie près de Biscarosse a parcouru plus de 1 000 hectares, forçant l’évacuation de 9 000 personnes. Dans le Var (sud-est), des feux actifs menacent les communes de Correns et Montfort-sur-Argens, avec 2700 hectares brûlés et 50 maisons endommagées, dont 25 détruites. Face à cette crise, 800 sapeurs-pompiers, des militaires et des gendarmes sont mobilisés. Le président Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE pour obtenir des renforts internationaux. La Commission européenne a déjà déployé trois avions bombardiers d’eau, et la France attend deux Canadair croates, deux Air Tractor portugais ainsi que deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèques et slovaques.
En Espagne, la région de Madrid et la province voisine d’Ávila sont ravagées par des incendies. Plus de 10 000 personnes ont été évacuées ces derniers jours. Le gouvernement espagnol a décrété l’état d’urgence national dans ces zones pour mobiliser davantage de ressources et de moyens de lutte. Depuis le 1er janvier 2024, près de 125 000 hectares ont déjà brûlé dans le pays, selon les données d’Effis. Les feux, attisés par des vents chauds, créent des paysages apocalyptiques, comme en témoignent les images de ciels orangés à Ávila. Les autorités espagnoles tentent de coordonner les efforts pour limiter les dégâts, mais la situation reste critique en raison de la sécheresse persistante et des températures élevées.
En France, l’incendie des Landes de Gascogne aurait été déclenché par un chantier de débroussaillage sous une ligne électrique, réalisé par un prestataire d’Enedis, le gestionnaire du réseau d’électricité. Cet incident illustre les risques liés aux activités humaines dans des zones déjà vulnérables. Les feux se propagent rapidement en raison des sauts de feux, un phénomène où les flammes se déplacent par bonds, créant de nouveaux foyers indépendants. Les pompiers décrivent une situation « dantesque » avec des moyens aériens parfois insuffisants, comme le soulignent des habitants de Cotignac (Var), où 500 pompiers, quatre Canadair, deux Dash et trois hélicoptères bombardiers d’eau luttent contre un feu parti d’un champ et ayant détruit 25 maisons. Les conditions météo, marquées par des vents violents et une sécheresse extrême, aggravent la crise.
Face à l’ampleur des incendies, la France a sollicité l’aide de l’Union européenne (UE) via son *mécanisme de protection civile*. Ce dispositif permet aux États membres de demander une assistance coordonnée entre pays. La Commission européenne a répondu en déployant trois avions bombardiers d’eau et en facilitant l’envoi de renforts aériens depuis la Croatie, le Portugal, la Tchéquie et la Slovaquie. Ces moyens supplémentaires s’ajoutent aux ressources nationales, comme les 800 sapeurs-pompiers et les militaires mobilisés en France. L’UE joue ainsi un rôle clé dans la gestion transfrontalière des catastrophes naturelles, en mutualisant les moyens pour faire face à des crises dépassant les capacités d’un seul pays. L’activation de ce mécanisme montre l’importance de la solidarité européenne dans les situations d’urgence.

