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Géopolitique

Un Poutine affaibli et dans l’ombre de Xi au sommet de l’OCS au Kirghizistan

Courrier International · mis à jour il y a 20 j

Vladimir Poutine veut profiter du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, organisé du 31 août au 1ᵉʳ septembre à Bichkek, pour afficher ses alliances et faire oublier l’érosion de l’influence russe. Mais sa démonstration de force risque surtout de mettre en lumière le rapport de plus en plus déséquilibré entre Moscou et Pékin..

Sommet de l'OCS

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) est une alliance politique, économique et sécuritaire créée en 2001 par la Chine et la Russie, à laquelle se sont joints d’autres pays d’Asie centrale comme le Kirghizistan, l’Ouzbékistan ou le Kazakhstan. Elle vise notamment à renforcer la coopération entre ses membres sur des sujets comme la sécurité régionale, le commerce ou l’énergie. Le sommet de 2026, organisé à Bichkek (Kirghizistan) du 31 août au 1er septembre, réunit les dirigeants de ces pays pour discuter de ces enjeux. Pour la Russie, ce sommet est une occasion de montrer qu’elle reste un acteur majeur sur la scène internationale, malgré les difficultés qu’elle rencontre actuellement.

Poutine en difficulté

Vladimir Poutine, président russe, arrive à ce sommet dans une position affaiblie. Son pays subit depuis des mois des sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, qui limitent son accès aux marchés financiers et technologiques. Par ailleurs, des frappes ukrainiennes ont ciblé des infrastructures russes stratégiques, comme des dépôts de pétrole et de gaz ou des entrepôts de la société Wildberries, un géant du e-commerce russe. Ces attaques ont fragilisé l’économie russe et réduit l’influence de Moscou sur ses alliés traditionnels. Poutine cherche donc à compenser cette perte d’influence en multipliant les rencontres bilatérales avec d’autres dirigeants lors de ce sommet.

Xi Jinping domine

Xi Jinping, président chinois, apparaît comme la figure centrale de ce sommet. La Chine, qui n’est pas directement impliquée dans le conflit ukrainien, a vu son rôle grandir ces dernières années en Asie centrale et dans les relations avec la Russie. Pékin est devenu le premier partenaire commercial de Moscou, remplaçant en partie les échanges perdus avec l’Europe. Lors de ce sommet, Xi Jinping a multiplié les rencontres avec d’autres dirigeants, comme Narendra Modi (Premier ministre indien) ou Massoud Pezechkian (président iranien), tandis que Poutine semblait relégué au second plan. Cette dynamique illustre un déséquilibre croissant entre les deux pays, où la Chine prend progressivement l’ascendant sur la Russie.

Alliés clés pour Moscou

Pour tenter de limiter son isolement, la Russie mise sur ses alliés en Asie centrale et au Moyen-Orient. Poutine doit s’entretenir avec des dirigeants comme Recep Tayyip Erdogan (Turquie), Narendra Modi (Inde) ou Massoud Pezechkian (Iran), dont les pays jouent un rôle important dans les échanges commerciaux et énergétiques avec Moscou. Par exemple, l’Inde achète du pétrole russe à prix réduit malgré les sanctions, tandis que l’Iran fournit des drones à la Russie pour son usage militaire en Ukraine. Ces relations, bien que stratégiques, restent fragiles et dépendent des intérêts changeants de chaque pays. Pour les observateurs, conserver ces alliances est vital pour la Russie dans un contexte de guerre prolongée.

Enjeux économiques

L’économie est au cœur des discussions lors de ce sommet. La Russie, isolée par les sanctions occidentales, cherche à renforcer ses échanges avec l’Asie centrale et la Chine. Par exemple, les pays membres de l’OCS pourraient discuter de projets d’infrastructures, comme des routes ou des gazoducs, pour faciliter le commerce entre l’Europe et l’Asie. Cependant, la Chine, qui domine déjà une grande partie de ces échanges, pourrait imposer ses conditions. Pour la Russie, l’enjeu est de ne pas devenir un simple fournisseur de matières premières pour Pékin, mais de conserver une certaine autonomie économique. Ce sommet est donc aussi une occasion de négocier des accords commerciaux avantageux.

Ce que ça pourrait changer

La guerre en Ukraine, qui dure depuis 2022, reste un sujet central pour la Russie. Les frappes ukrainiennes récentes contre des infrastructures russes ont montré la vulnérabilité du pays, malgré ses ressources militaires. Poutine espère que ce sommet lui permettra de mobiliser un soutien international, notamment de la part de pays comme l’Inde ou la Chine, pour faire pression sur l’Ukraine et ses alliés occidentaux. Cependant, ces pays ont leurs propres intérêts et ne sont pas prêts à s’engager pleinement aux côtés de Moscou. La rencontre entre Poutine et Xi Jinping, bien que symbolique, ne devrait pas déboucher sur des engagements concrets pour soutenir militairement la Russie.

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