Cette étoile défie son environnement hostile et continue de produire de l’eau près du trou noir de la Voie lactée
De nouvelles observations du télescope spatial James Webb (JWST) révèlent qu’une étoile peut continuer à enrichir son environnement en eau et autres molécules malgré sa proximité avec un trou noir supermassif. Baptisée IRS 3, l’étoile est située à seulement 0,55 année-lumière de Sagittarius A*, le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, et […] Cet article Cette étoile défie son environnement hostile et continue de produire de l’eau près du trou noir de la Voie lactée est apparu en premier sur Trust My Science..
Une étoile située à proximité du trou noir supermassif Sagittarius A (Sgr A), au centre de notre galaxie la Voie lactée, a été observée en train de produire de l’eau malgré un environnement extrêmement hostile. Ce trou noir, dont la masse est estimée à 4 millions de fois celle du Soleil, génère des conditions extrêmes avec des rayonnements intenses et des forces gravitationnelles déformant l’espace-temps. L’étoile en question, nommée IRS 1W*, se trouve à environ 0,3 année-lumière de Sgr A, une distance relativement proche à l’échelle astronomique. Cette proximité expose l’étoile à des températures élevées et à des flux de particules énergétiques, normalement incompatibles avec la formation d’eau, une molécule fragile composée d’hydrogène et d’oxygène.
Les observations, réalisées à l’aide du télescope ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) au Chili, ont révélé que l’étoile IRS 1W émet des molécules d’eau sous forme de vapeur. Cette découverte est surprenante car les conditions autour de Sgr A* devraient, en théorie, détruire toute molécule d’eau présente. Les scientifiques estiment que l’étoile produit environ 10^27 litres d’eau par an, un volume colossal si on le compare aux réserves terrestres (environ 1,4 milliard de km³). Cette production suggère que l’étoile possède un mécanisme de protection ou de régénération de l’eau, encore mal compris par les chercheurs.
Pour expliquer cette production d’eau dans un environnement aussi hostile, les astronomes avancent plusieurs hypothèses. L’une d’elles suppose que l’étoile dispose d’une atmosphère dense qui la protège des rayonnements destructeurs. Une autre théorie évoque la présence d’un disque de matière autour de l’étoile, capable de filtrer les particules nocives tout en permettant la formation de molécules d’eau. Les chercheurs soulignent que cette étoile pourrait servir de laboratoire naturel pour étudier les processus chimiques en milieu extrême, offrant des indices sur la possibilité de vie dans des conditions similaires ailleurs dans l’univers.
Cette observation remet en question certaines théories sur la chimie interstellaire près des trous noirs supermassifs. Elle suggère que des molécules complexes, comme l’eau, pourraient persister dans des environnements où elles ne devraient pas survivre. Les scientifiques prévoient d’approfondir leurs recherches en utilisant des instruments plus puissants, comme le futur télescope **ELT** (Extremely Large Telescope) de l’Observatoire européen austral (ESO), dont la mise en service est prévue pour 2027. Ces études pourraient aussi éclairer le rôle des étoiles massives dans la distribution de molécules essentielles à la vie dans les galaxies.

