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Société

La parité en politique continue de progresser au Sénat, mais recule à l'Assemblée nationale

Observatoire des Inégalités · mis à jour 1 oct.

La part des femmes continue de progresser au Sénat. Mais elle recule à l'Assemblée nationale.

Parité à l'Assemblée

En juin 2024, seulement 36,1 % des députés à l’Assemblée nationale française sont des femmes, ce qui marque un recul de 2,7 points par rapport à 2017. Cette baisse s’inscrit dans une tendance plus large : entre 2017 et 2024, la part des femmes parmi les députés a diminué, confirmant un arrêt de la progression de la parité dans cette institution. L’Assemblée nationale joue un rôle central dans la démocratie française, car elle vote les lois et contrôle le gouvernement. Ce recul s’explique en partie par la montée en puissance du Rassemblement national, un parti politique dont la représentation féminine parmi ses élus est la plus faible. Par exemple, en 2024, ce parti compte moins de 20 % de femmes parmi ses députés, contre une moyenne nationale de 36,1 %. Cette situation illustre comment la composition politique des partis influence directement la représentation des genres dans les institutions.

Progrès au Sénat

Contrairement à l’Assemblée nationale, le Sénat affiche une progression continue de la parité. En 2026, 38,8 % des sénateurs sont des femmes, un chiffre qui dépasse légèrement celui des députées. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de féminisation de la politique française depuis le début des années 2000. Par exemple, la part des femmes parmi les députés est passée de moins de 6 % dans les années 1990 à 39 % en 2017, avant de reculer. Le Sénat, qui représente les collectivités territoriales et a un rôle législatif, reflète mieux cette tendance. Cette différence entre les deux chambres montre que les avancées en matière de parité ne sont pas uniformes selon les institutions, même si globalement, la place des femmes en politique s’est rééquilibrée sur le long terme.

Représentation locale

Au niveau local, la parité progresse également, mais avec des écarts importants selon les fonctions. En 2022, les femmes représentent 45 % des conseillers municipaux, 51,1 % des conseillers départementaux et 48,8 % des conseillers régionaux. Cependant, leur représentation chute pour les postes exécutifs : seulement 20,1 % des maires sont des femmes, et 20 % des présidents de conseils départementaux. Parmi les présidents de conseils régionaux, elles ne sont que 31,6 %. Les femmes sont souvent cantonnées à des domaines perçus comme moins prestigieux, comme la petite enfance ou la santé, tandis que les ministères clés (défense, économie, budget) restent majoritairement dirigés par des hommes. Par exemple, depuis 1958, seulement deux femmes ont occupé le poste de Première ministre en France : Édith Cresson (1991-1992) et Élisabeth Borne (2022-2024).

Origines des avancées

Les progrès en matière de parité en politique sont le résultat de décennies de mobilisation et de lois contraignantes. Avant les années 1990, la part des femmes parmi les députés stagnait sous les 6 %. Depuis, des lois sur la parité, comme celle votée en juin 2000, ont imposé des quotas pour accélérer l’égalité. Ces mesures ont permis une augmentation significative de la représentation féminine, même si les hommes conservent les deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les défenseurs de la discrimination positive soulignent que ces quotas ont été efficaces pour briser les barrières structurelles. Cependant, les inégalités persistent, car la parité ne se résume pas à des chiffres : elle reflète aussi des stéréotypes de genre ancrés dans la société, de la famille à l’école en passant par le monde professionnel.

Ce que ça pourrait changer

La question de la représentativité en politique ne concerne pas seulement le genre, mais aussi d’autres catégories de la population. Par exemple, les employés et les ouvriers, qui représentent près de la moitié des emplois en France, ne comptent que pour 5 % des députés. Cette sous-représentation illustre un déséquilibre plus large dans la démocratie française, où les élites politiques ne reflètent pas toujours la diversité de la société. Les personnes issues de l’immigration ou des milieux populaires sont également peu présentes dans les assemblées. Ces constats soulèvent des questions sur la légitimité des institutions et leur capacité à représenter l’ensemble de la population. La parité entre les genres reste un enjeu majeur, mais elle s’inscrit dans un cadre plus large de représentativité sociale.

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