Combien de temps dure une civilisation ?
Comme les humains, les civilisations naissent, puis meurent. Quelle est leur durée de vie moyenne ? 336 ans.
Une civilisation humaine dure en moyenne 336 ans selon une étude menée par Luke Kemp, chercheur au Centre pour l’étude des risques existentiels de l’Université de Cambridge en Angleterre. Cette durée équivaut à environ la période séparant aujourd’hui de l’époque du roi Louis XIV en France (1643–1715). Ce chiffre illustre la fragilité des civilisations, malgré les traces qu’elles laissent, comme les pyramides d’Égypte ou le Colisée de Rome. L’analyse de Kemp s’appuie sur l’étude de 24 civilisations historiques, dont certaines ont duré bien plus longtemps que cette moyenne, tandis que d’autres se sont effondrées bien plus rapidement.
La durée de vie des civilisations varie considérablement. Certaines, comme la civilisation de la vallée de l’Indus (vers 3300–1300 av. J.-C.), ont duré environ 2 000 ans, tandis que d’autres, comme la civilisation de l’île de Pâques, se sont effondrées en quelques siècles seulement. Les causes de ces différences sont multiples : changements climatiques, conflits internes, épuisement des ressources ou encore invasions extérieures. Par exemple, l’Empire romain d’Occident a duré environ 500 ans (27 av. J.-C. à 476 ap. J.-C.), tandis que la civilisation maya classique a connu un déclin sur plusieurs siècles avant de s’effondrer vers l’an 900.
Les civilisations s’effondrent généralement pour des raisons complexes et souvent combinées. Les facteurs les plus fréquents incluent les changements environnementaux, comme des sécheresses prolongées ou des inondations, qui perturbent l’agriculture et provoquent des famines. Les conflits internes, tels que des guerres civiles ou des luttes de pouvoir, affaiblissent aussi les structures sociales et politiques. Enfin, les invasions extérieures ou les crises économiques, comme l’hyperinflation ou la dette insoutenable, jouent un rôle clé. Par exemple, la chute de l’Empire romain est souvent attribuée à une combinaison de pressions militaires, de divisions internes et de difficultés économiques.
Aujourd’hui, les civilisations modernes, comme celles des pays industrialisés, pourraient sembler plus résilientes en raison de leur technologie et de leur interconnectedité. Cependant, l’étude de Luke Kemp souligne que les risques actuels, comme le *changement climatique*, les *pandémies* ou les *conflits nucléaires*, pourraient accélérer leur effondrement. Par exemple, une étude de l’*Université d’Oxford* en 2020 estimait que le risque d’un effondrement civilisationnel au cours du XXIe siècle était de 1 % par an. Ces risques, bien que différents de ceux des civilisations anciennes, pourraient avoir des conséquences tout aussi dévastatrices.

