L’industrie minière « surprise » par l’idée de Trump d’acheter de la potasse bélarusse
La Saskatchewan s'attend à près de 940 millions $ de revenus de la potasse en 2026-2027..
Le président américain Donald Trump a annoncé sur son réseau social Truth Social son intention d'acheter de la potasse auprès du Bélarus plutôt que du Canada. Cette annonce a surpris l'Association minière de la Saskatchewan, qui représente les producteurs de potasse de cette province canadienne. Pam Schwann, présidente de cette association, a réagi avec prudence, soulignant le manque d'informations sur cet accord potentiel. La potasse est un minéral essentiel, principalement utilisé pour fabriquer des engrais qui améliorent la croissance des plantes et les rendements agricoles. Environ 95 % de la potasse mondiale sert à produire ces engrais, selon Ressources naturelles Canada.
Le Canada, et plus particulièrement la province de la Saskatchewan, est le premier producteur mondial de potasse, avec près du tiers de la production totale. Cette région est depuis des décennies un partenaire fiable pour les agriculteurs américains, grâce à sa proximité géographique et à une chaîne d'approvisionnement bien établie. Les États-Unis importent environ 10 millions de tonnes de potasse canadienne chaque année. Pam Schwann explique que les agriculteurs américains ont besoin de potasse à des moments précis, notamment lors des semis, et que la Saskatchewan garantit un approvisionnement stable. Elle ajoute que ce marché est difficile à remplacer rapidement en cas de problème.
Le Bélarus produit environ 12 millions de tonnes de potasse par an, un volume légèrement supérieur à celui exporté par la Saskatchewan vers les États-Unis. Cependant, Pam Schwann souligne que le Bélarus est déjà engagé à fournir sa production principalement à la Chine, ce qui limite sa capacité à exporter vers les États-Unis à court terme. Elle précise qu'un changement rapide nécessiterait des investissements de plusieurs milliards de dollars pour adapter les infrastructures et la logistique. De plus, la distance géographique entre les deux pays augmenterait les risques et les coûts de transport, selon les experts.
Jason Child, professeur en économie à l'Université de Regina, estime que les États-Unis pourraient s'approvisionner ailleurs sur le long terme, mais que cela ne serait pas sans obstacles. Il souligne que la géographie joue un rôle crucial dans le transport de la potasse, un produit lourd et coûteux à déplacer. Bien que la demande de potasse ne disparaisse pas du jour au lendemain, il existe des risques à long terme liés à une dépendance accrue envers de nouveaux fournisseurs. Pam Schwann recommande aux gouvernements canadiens de maintenir leurs efforts pour diversifier les marchés d'exportation, afin de réduire les vulnérabilités de l'industrie.
Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a critiqué l'idée d'acheter de la potasse au Bélarus, qualifiant ce produit de *taché de sang* car il financerait indirectement la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine. Pam Schwann a également souligné que Donald Trump évoquait des coûts moins élevés pour la potasse bélarusse, incitant les gouvernements à soutenir davantage l'industrie canadienne. Elle suggère notamment de réduire la taxe carbone ou les impôts pour améliorer la compétitivité des producteurs de potasse de la Saskatchewan.

