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Généraliste

Converse s’excuse et retire une publicité jugée raciste

ICI Radio-Canada · mis à jour 21 sept.

Des internautes et des célébrités ont souligné que la publicité évoquait des symboles du Ku Klux Klan..

Publicité controversée

Le 3 septembre 2026, la marque de chaussures Converse, appartenant au groupe Nike, a publié une publicité sur ses réseaux sociaux mettant en scène la chanteuse coréenne Karina, membre du groupe Aespa. L’image montrait cette dernière tenant une paire de chaussures Chuck 70 X. Plusieurs internautes, personnalités et même des politiciens américains ont jugé cette publicité raciste. En effet, l’éclairage sur la jupe de la mannequin formait un triangle blanc évoquant les cagoules du Ku Klux Klan (KKK), un groupe raciste américain connu pour ses violences meurtrières contre les personnes noires. De plus, la disposition des chaussures a été interprétée comme une référence aux lynchages, un phénomène historique de pendaisons extrajudiciaires ciblant principalement les Noirs aux États-Unis.

Réactions et excuses

Face à la polémique, Converse a présenté des excuses publiques le 21 septembre 2026, reconnaissant avoir commis une erreur. La marque a retiré la publicité de ses réseaux sociaux et s’est engagée à la supprimer partout où elle avait été diffusée. Dans un communiqué adressé à CBC, Converse a déclaré : « Nous sommes désolés. Nous comprenons pourquoi cette image est si choquante et reconnaissons que nous avons fait une erreur. Cela n'aurait pas dû arriver et nous allons faire mieux. » La marque a également souligné que la campagne avait été conçue, photographiée, révisée, approuvée et distribuée avant sa publication, ce qui a renforcé les critiques sur le manque de vigilance des équipes.

Contexte historique

La polémique prend une dimension particulière dans le sud des États-Unis, une région marquée par l’histoire des lynchages. Entre 2024 et 2026, plusieurs personnes noires ont été retrouvées pendues à des arbres dans cette zone, des cas souvent classés comme des suicides par les autorités, ce qui a suscité des doutes et des critiques parmi les familles et les communautés locales. Ces événements rappellent les violences racistes du passé, notamment les lynchages qui ont touché des milliers de Noirs entre la fin du XIXe siècle et les années 1960. Le représentant du Congrès américain Troy Carter, issu de la Louisiane, a réagi vivement à la publicité, soulignant que « l’image de personnes noires pendues à des arbres n’est pas de l’histoire ancienne » et que « cette douleur vit encore dans nos familles et nos communautés ».

Autres controverses similaires

Cette affaire s’inscrit dans une série de polémiques récentes impliquant des marques accusées de promouvoir des stéréotypes racistes dans leurs campagnes publicitaires. Par exemple, le mois précédent, la chaîne de magasins Target a retiré un costume d’Halloween pour enfants après des critiques sur les réseaux sociaux. Le vêtement était jugé similaire aux caricatures racistes des spectacles de minstrels, un genre de divertissement né au XIXe siècle aux États-Unis où des acteurs blancs se maquillaient en noir (blackface) pour caricaturer les personnes noires. En 2025, la marque American Eagle avait également été pointée du doigt pour une campagne mettant en scène l’actrice Sydney Sweeney, interprétée comme une promotion de stéréotypes de beauté racistes. La campagne jouait sur un jeu de mots entre jeans et genes (gènes), suggérant que l’actrice avait de « bons gènes/jeans ».

Ce que ça pourrait changer

Troy Carter, représentant de la Louisiane au Congrès américain, a critiqué avec virulence la publicité de Converse, la qualifiant de « raciste, irresponsable et profondément choquante ». Dans une déclaration publiée le 20 septembre 2026, il a interpellé directement Nike et Converse, demandant des explications et soulignant que « une excuse à elle seule n’était pas suffisante pour réparer les torts causés ». Carter a insisté sur le fait qu’une campagne publicitaire ne se crée pas par hasard : « Elle est conçue, photographiée, révisée, approuvée et distribuée. » Ses propos reflètent une attente croissante de responsabilité sociale de la part des entreprises, notamment dans un contexte où les questions de racisme et de justice sociale sont au cœur des débats publics aux États-Unis.

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