En Corée du Sud, les arbitres sont des robots lors des matchs de baseball et ils sont bien plus impartials que les humains
Dans les stades de baseball, chaque lancer litigieux repose encore sur le coup d'œil d'un homme, avec ses habitudes et ses réflexes. Pourtant, la Corée du Sud confie désormais ce verdict à des capteurs.
En Corée du Sud, les matchs de baseball professionnel utilisent désormais des arbitres robots pour juger les lancers et les prises, remplaçant les arbitres humains. Ces robots, déployés dans plusieurs stades du pays, analysent la trajectoire des balles à l’aide de caméras haute vitesse et de capteurs, avec une précision supérieure aux humains. Leur objectif est d’éliminer les erreurs d’arbitrage, souvent source de controverses, et d’améliorer la fluidité des matchs. Les robots sont capables de détecter des détails invisibles à l’œil nu, comme la rotation de la balle ou sa vitesse exacte, en temps réel. Cette innovation s’inscrit dans une volonté de moderniser le sport et de réduire les biais humains, qu’ils soient volontaires ou non. Le baseball sud-coréen, très populaire, devient ainsi un terrain d’expérimentation pour l’intégration de l’intelligence artificielle dans les sports.
Les arbitres robots sud-coréens sont présentés comme plus impartiaux que leurs homologues humains, car ils ne sont pas influencés par des facteurs subjectifs comme la fatigue, les émotions ou les pressions extérieures. Contrairement aux arbitres humains, qui peuvent commettre des erreurs en raison de leur positionnement, de leur angle de vue ou de leur interprétation des règles, les robots appliquent des critères objectifs et reproductibles. Par exemple, ils mesurent la hauteur d’une balle passant au-dessus du marbre avec une marge d’erreur quasi nulle, là où un arbitre humain peut hésiter. Cette impartialité est renforcée par l’absence de biais culturels ou de préférences pour une équipe, ce qui limite les risques de contestations après les matchs. Les données montrent que les décisions des robots sont contestées 10 fois moins souvent que celles des humains.
Les arbitres robots utilisent une combinaison de caméras haute définition, de capteurs de mouvement et d’algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser les lancers. Ces systèmes, développés par des entreprises sud-coréennes spécialisées dans la vision par ordinateur, enregistrent jusqu’à 1 000 images par seconde pour suivre la trajectoire de la balle avec une précision de l’ordre du millimètre. Les données sont ensuite traitées en temps réel par des serveurs dédiés, qui comparent la position de la balle aux règles du baseball (par exemple, une balle passant entre les genoux et la poitrine du batteur est considérée comme une strike). Cette technologie, appelée trackman, est déjà utilisée dans d’autres sports comme le tennis ou le cricket pour améliorer l’arbitrage. Son coût, estimé à plusieurs millions d’euros par stade, est justifié par les gains en précision et en satisfaction des spectateurs.
L’introduction des arbitres robots en Corée du Sud a suscité des réactions variées parmi les joueurs et les fans. Certains joueurs, comme les lanceurs, apprécient la constance des décisions, qui leur permet de mieux anticiper les attentes des arbitres. D’autres, notamment les batteurs, critiquent le manque de flexibilité dans l’application des règles, car les robots ne tiennent pas compte du contexte d’un match (par exemple, une balle légèrement hors de la zone de strike peut être jugée comme une prise si elle est proche de la limite). Les supporters, quant à eux, semblent globalement favorables à cette innovation, car elle réduit les disputes et accélère le rythme des matchs. Cependant, certains puristes du baseball estiment que l’aspect humain, avec ses imperfections, fait partie intégrante de l’attrait du sport.
La Corée du Sud pourrait devenir un modèle pour l’adoption des arbitres robots dans d’autres sports et pays. Si l’expérience s’avère concluante, d’autres ligues de baseball, comme la *Major League Baseball* (MLB) aux États-Unis ou la *Nippon Professional Baseball* (NPB) au Japon, pourraient suivre cet exemple. Les avantages sont multiples : réduction des erreurs, gain de temps et amélioration de l’expérience spectateur. Cependant, cette transition soulève des questions éthiques et pratiques, comme le coût élevé de la technologie ou la résistance des fédérations sportives traditionnelles. À long terme, cette innovation pourrait aussi inspirer d’autres domaines où l’impartialité est cruciale, comme les concours de beauté ou les compétitions scientifiques. La Corée du Sud mise sur ce projet pour renforcer son image de leader en matière d’innovation technologique.

