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Des chercheurs parviennent à recréer un trou noir artificiel en laboratoire : un phénomène impossible à observer dans l’espace apparaît lors de l’expérience

Presse-Citron · mis à jour il y a 18 j

Selon l'une des théories formulées par Stephen Hawking en 1974, les trous noirs perdent de l'énergie thermique à mesure qu'ils s'évaporent. Comme il est impossible d'observer ce phénomène (appelé rayonnement de Hawking) dans l'espace, des chercheurs ont reproduit un analogue de trou noir en laboratoire..

Trous noirs inobservables

Les trous noirs perdent de leur masse en émettant un rayonnement extrêmement faible, proche du zéro absolu (-273,15°C). Pour les trous noirs supermassifs, cette température est si basse qu’elle est noyée dans le fond diffus cosmologique, un rayonnement fossile issu du Big Bang qui est des millions de fois plus chaud. Cette émission, appelée rayonnement de Hawking, est donc impossible à détecter avec les instruments actuels, quelle que soit leur sensibilité. C’est pourquoi les astrophysiciens cherchent à recréer des analogues de trous noirs en laboratoire, une idée proposée dès 1981 par le physicien William Unruh. En 2014, une première observation de ce rayonnement a été réalisée à l’Institut Technologique du Technion en Israël, mais sans comprendre comment l’énergie s’échappait du trou noir.

Rétroaction enfin visible

Une équipe de chercheurs dirigée par Lorenzo Procopio, chercheur postdoctoral à l’Université de Paderborn en Allemagne, vient d’observer pour la première fois un phénomène appelé rétroaction à l’aide d’un analogue de trou noir en fibre optique. Leur étude, publiée le 1er juillet 2026 dans la revue Nature, révèle que la rétroaction est un processus par lequel l’énergie libérée par le rayonnement de Hawking est compensée par une contre-réaction obligatoire. Contrairement aux attentes, ce phénomène se produit en une seule interaction, produisant à la fois l’émission et le recul de la source, ce qui simplifie considérablement sa compréhension. Cette découverte pourrait éclairer comment un vrai trou noir perd de sa masse par rétroaction.

Analogue en fibre optique

L’analogue de trou noir utilisé dans cette expérience est un dispositif qui reproduit les lois physiques d’un vrai trou noir, sans en avoir la masse ou la gravité extrême. Il est impossible de créer un vrai trou noir sur Terre, car la force de gravité nécessaire pour comprimer la matière jusqu’à son horizon des événements (frontière invisible d’un trou noir) détruirait instantanément la planète. L’appareil, mis au point il y a dix ans par Ulf Leonhardt à l’Institut Weizmann en Israël, se compose d’une fibre optique, un fil de verre conducteur de lumière. Deux impulsions laser y sont envoyées successivement : la première modifie l’indice de réfraction du verre, ralentissant la lumière. La seconde impulsion, lancée derrière, s’immobilise à cette limite, reproduisant ainsi l’horizon des événements d’un trou noir.

Horizon des événements simulé

Dans cette expérience, l’horizon des événements d’un trou noir est simulé par la limite où la seconde impulsion laser s’arrête, ne pouvant traverser la zone ralentie par la première impulsion. Cette zone ralentie agit comme un miroir pour la lumière, empêchant la seconde impulsion de progresser. Les chercheurs ont pu observer le phénomène de rétroaction en détectant un décalage de fréquence de la première impulsion laser, qui perd de l’énergie en émettant le rayonnement de Hawking. Ce décalage correspond à la perte de masse d’un vrai trou noir, offrant ainsi une première observation directe de ce processus dans un laboratoire.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats de cette expérience pourraient avoir des implications théoriques considérables, notamment pour comprendre comment un trou noir perd de sa masse par rétroaction. Bien qu’il soit encore impossible d’affirmer que le phénomène observé dans la fibre optique s’applique directement à un vrai trou noir, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour calculer les effets dans ce type de systèmes. Elle pourrait également éclairer la façon dont le rayonnement de Hawking prend naissance sous l’effet de la gravité. Stephen Hawking, dont les théories sur l’évaporation des trous noirs avaient d’abord été accueillies avec scepticisme, aurait vu dans cette avancée une piste pour résoudre le mystère de la disparition de la matière engloutie par les trous noirs.

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