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Généraliste

Les absents pourraient peser lourd dans le référendum albertain

Le Devoir · mis à jour il y a 18 j

Le camp séparatiste a des chances de l’emporter si le taux de participation est faible..

Résultat sondages clair

Les sondages réalisés avant le référendum albertain du 19 octobre 2023 indiquent une large préférence pour le maintien de l'Alberta au sein du Canada. Environ 70 % des Albertains souhaitent que leur province reste canadienne, un chiffre qui atteint 85 % dans les grandes villes comme Edmonton et Calgary. Cette avance significative du camp fédéraliste semble rassurante, mais elle pourrait être remise en question si le taux de participation au vote est trop faible. Les experts soulignent que les sondages ne reflètent pas toujours la réalité du terrain, surtout lorsque les électeurs les plus motivés sont moins nombreux que prévu. Le camp séparatiste, bien que minoritaire, dispose d'une base militante plus engagée, ce qui pourrait influencer le résultat final en cas de faible mobilisation des autres électeurs.

Risque faible participation

Un taux de participation inférieur à 40 % pourrait permettre au camp indépendantiste de l'emporter, selon l'ancien premier ministre albertain Jason Kenney. Cette situation s'expliquerait par une mobilisation plus forte des séparatistes, dont la frustration envers le gouvernement fédéral est plus marquée que celle des fédéralistes. Adrienne Davidson, professeure de science politique à l'Université McMaster, explique que les électeurs pro-Canada pourraient sous-estimer l'importance de leur vote en raison des sondages favorables. Elle compare cette situation à des événements politiques passés, comme le Brexit au Royaume-Uni, où une confiance excessive dans les sondages a conduit à une surprise électorale. Thomas Lukaszuk, chef du mouvement fédéraliste Forever Canadian, insiste sur l'urgence de la mobilisation, comparant l'enjeu à un match de hockey : une distraction ou une simple pluie pourrait suffire à décourager les électeurs et faire basculer le résultat.

Question complexe et ambiguë

Le référendum albertain ne porte pas directement sur l'indépendance de la province, mais sur l'organisation d'un futur référendum à ce sujet. Cette question indirecte, qualifiée par certains observateurs de référendum sur un référendum, pourrait réduire l'engouement des électeurs. Alexandre Rivard, professeur à l'Université d'Athabasca, précise que 20 % des Albertains déclarent vouloir voter oui le 19 octobre, mais qu'un tiers d'entre eux le feraient uniquement pour envoyer un message au gouvernement fédéral. Cette nuance montre que certains électeurs ne voient pas de risque majeur à voter oui, car la question ne porte pas sur une sécession immédiate. Cette complexité de la question pourrait donc affaiblir la mobilisation des électeurs fédéralistes, qui pourraient considérer le vote comme moins décisif.

Processus de vote lourd

Les électeurs albertains devront répondre à 10 questions lors du référendum, dont la dernière porte sur l'avenir de la province au sein du Canada. Cette longueur du bulletin de vote pourrait décourager certains électeurs, car répondre à 10 questions prend plus de temps que de voter pour une seule proposition. Adrienne Davidson souligne que ce processus pourrait entraîner des engorgements dans les bureaux de vote, malgré les efforts d Élections Alberta, qui a recruté plus de 46 000 personnes pour faciliter le scrutin. Le vote par anticipation a déjà commencé, avec plus de 174 530 Albertains ayant voté dès le premier jour. Élections Alberta anticipe un taux de participation record de 85 %, bien au-dessus de la moyenne des 55 % observés lors des cinq derniers scrutins provinciaux. Les élus fédéraux, dont le premier ministre Mark Carney, ont multiplié les interventions pour encourager la participation.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs politiques jouent un rôle central dans ce référendum. Du côté fédéraliste, on trouve Thomas Lukaszuk, chef du mouvement Forever Canadian, et le premier ministre canadien Mark Carney, qui ont tous deux participé à des rassemblements pour mobiliser les électeurs. Du côté séparatiste, les partisans de l'indépendance de l'Alberta, bien que minoritaires, sont très engagés. La première ministre albertaine Danielle Smith et le chef de l'opposition officielle au Canada, Pierre Poilievre, ont également pris la parole pour défendre leur position. Le résultat du référendum sur l'indépendance sera le premier à être dépouillé, et le résultat officiel devrait être connu tôt le 20 octobre. Ce scrutin pourrait avoir des répercussions majeures sur l'équilibre politique du Canada, même si les sondages actuels suggèrent une victoire du camp fédéraliste.

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