Dans la Manche, les pêcheurs français font monter la pression pour interdire les plus gros chalutiers de la bande côtière
Début septembre, la commission Manche-mer du Nord du Comité national des pêches a voté pour l’exclusion des navires de plus de 25 mètres des eaux territoriales françaises afin de préserver la ressource en poissons et l’économie locale. La ministre de la mer, Catherine Chabaud, est attendue au tournant.
Début septembre, la commission Manche-mer du Nord du Comité national des pêches (CNP) a adopté une résolution visant à exclure les chalutiers de plus de 25 mètres des eaux territoriales françaises situées dans la Manche. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les petits pêcheurs artisans et les grandes flottes industrielles. Le chalutier est un bateau de pêche équipé d’un filet traîné (chalut) à grande vitesse pour capturer des poissons ou crustacés en grande quantité. Les navires concernés par cette mesure dépassent souvent 25 mètres de long, ce qui leur permet de pêcher sur de longues distances et avec des équipements puissants. La commission, qui représente les intérêts des pêcheurs français dans cette zone, a justifié cette demande par la nécessité de préserver les ressources halieutiques, c’est-à-dire les stocks de poissons, et de soutenir l’économie locale dépendante de la pêche artisanale.
L’exclusion des chalutiers de plus de 25 mètres des eaux territoriales françaises vise deux objectifs principaux. D’abord, la préservation de la ressource en poissons : les chalutiers industriels, en raison de leur taille et de leur puissance, capturent des quantités importantes de poissons, parfois au-delà des limites durables. Cela peut mener à l’épuisement des stocks, comme le cabillaud ou la sole, essentiels pour les pêcheurs locaux. Ensuite, la protection de l’économie locale : les petits pêcheurs artisanaux, souvent propriétaires de bateaux de moins de 12 mètres, dépendent de zones côtières riches en poissons pour leur subsistance. Leur activité est menacée par la concurrence des grands chalutiers, qui capturent des volumes bien supérieurs et vendent à des prix compétitifs. En limitant l’accès des grands navires aux eaux côtières, la mesure cherche à rééquilibrer les chances de survie des petites entreprises de pêche.
La **ministre de la Mer**, Catherine Chabaud, est désormais au cœur des débats. Son rôle est de trancher sur la faisabilité et l’opportunité de cette mesure, qui pourrait être appliquée par décret. La ministre doit évaluer les impacts économiques et écologiques de l’exclusion des chalutiers de plus de 25 mètres. Si elle donne son accord, cette décision pourrait entrer en vigueur rapidement, car elle relève de son domaine de compétence. Cependant, cette mesure pourrait aussi susciter des tensions avec les armateurs de grands chalutiers, qui pourraient contester la décision ou demander des compensations. La ministre devra donc trouver un équilibre entre les intérêts des petits pêcheurs et ceux des grandes flottes, tout en respectant les réglementations européennes sur la pêche.

