Trump compte se fournir en potasse en Biélorussie pour éviter de passer par le Canada
Les États-Unis dépendent fortement de la potasse canadienne, d’ailleurs exemptée des tarifs douaniers..
La potasse est un minéral essentiel utilisé principalement comme composant dans la fabrication des engrais. Elle apporte un élément nutritif clé, le potassium, qui favorise la croissance des plantes et améliore la résistance des cultures aux maladies. Sans potasse, les rendements agricoles chutent, ce qui affecte directement la production alimentaire mondiale. Les États-Unis en importent massivement, avec une dépendance marquée : en 2025, ils ont acheté pour 4,2 milliards de dollars de potasse, soit près de la moitié des exportations canadiennes de ce produit. Le Canada joue un rôle dominant sur ce marché, produisant environ un tiers de l'offre mondiale en 2023, devant la Russie et la Biélorussie. La potasse est donc un enjeu stratégique pour l'agriculture, surtout dans un contexte de tensions géopolitiques et de fluctuations des prix.
Les États-Unis dépendent à plus de 80 % de la potasse canadienne pour leurs besoins agricoles, selon l'entreprise Nutrien, un géant basé en Saskatchewan, province canadienne. Cette dépendance s'explique par la proximité géographique, la stabilité politique du Canada et des accords commerciaux avantageux. Par exemple, la potasse canadienne est exemptée des droits de douane américains, ce qui réduit les coûts pour les agriculteurs et éleveurs des États-Unis. En 2025, les importations américaines de potasse ont atteint 4,2 milliards de dollars, illustrant l'ampleur de cette relation commerciale. Cette situation crée une vulnérabilité stratégique, car toute perturbation des approvisionnements canadiens pourrait avoir des répercussions sur l'agriculture américaine.
Face à cette dépendance, le président américain Donald Trump a annoncé un accord visant à importer de la potasse depuis la Biélorussie, un pays dirigé par un régime autoritaire et proche allié de la Russie. Selon Trump, cet accord permettrait aux États-Unis de payer des prix « nettement inférieurs » à ceux pratiqués par les exportateurs canadiens. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de réduction des coûts pour les agriculteurs américains, un électorat clé pour le président. La Biélorussie, bien que moins dominante que le Canada sur le marché mondial, produit une part significative de la potasse mondiale. Cependant, cet accord soulève des questions sur la fiabilité des approvisionnements, compte tenu des tensions géopolitiques et des sanctions internationales pesant sur la Biélorussie.
L'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a profondément perturbé le marché de la potasse. Les prix de ce minéral ont fortement augmenté en raison des sanctions économiques et des incertitudes géopolitiques. Bien que les prix aient baissé depuis, ils restent supérieurs à leur niveau d'avant-guerre. La Russie et la Biélorussie, deux pays alliés, sont des acteurs majeurs sur ce marché. La Biélorussie, en particulier, est perçue comme une alternative pour les États-Unis, mais son régime politique et ses liens avec la Russie pourraient compliquer les relations commerciales. Cet accord s'inscrit donc dans un contexte où les tensions internationales influencent directement les chaînes d'approvisionnement et les prix des ressources stratégiques.
Pour les agriculteurs et éleveurs américains, l'accès à la potasse à moindre coût est crucial, car elle représente une part importante de leurs dépenses. Trump présente cet accord avec la Biélorussie comme une « très bonne nouvelle » pour ce secteur, promettant des prix plus bas et une diversification des sources d'approvisionnement. Cependant, la fiabilité de la Biélorussie comme partenaire commercial reste incertaine en raison de son isolement international et de son alignement avec la Russie. Les États-Unis doivent donc peser le pour et le contre entre la stabilité du Canada et les promesses de coûts réduits offertes par la Biélorussie, tout en tenant compte des risques géopolitiques et économiques associés.

