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Le rêve d’un chez-soi à Limoilou devient de moins en moins réalité pour la classe moyenne

Le Devoir · mis à jour il y a 9 j

De jeunes familles doivent abandonner l’idée de devenir propriétaires en raison d’un marché immobilier hors de portée..

Limoilou, un quartier prisé

Le quartier Limoilou, situé dans la Basse-Ville de Québec, est aujourd’hui un secteur très recherché pour son dynamisme et son cadre de vie. Autrefois défavorisé, il est devenu un lieu de prédilection pour les jeunes familles et les professionnels, attirés par ses rues verdoyantes, ses commerces de proximité, ses cafés et sa vie communautaire active. Le quartier est également marqué par une forte culture du cyclisme et de la marche, ainsi que par l’arrivée prochaine du tramway, un projet controversé mais soutenu par une majorité de résidents. Cependant, cette popularité a un prix : l’accès à la propriété y est devenu extrêmement difficile pour la classe moyenne, en raison d’une hausse vertigineuse des prix immobiliers au cours des deux dernières décennies.

Gentrification et prix élevés

Le phénomène de gentrification désigne l’arrivée de populations plus aisées dans un quartier auparavant populaire, entraînant une hausse des prix des logements et une transformation des commerces et des services. À Limoilou, cette gentrification est particulièrement marquée : la valeur moyenne d’une résidence unifamiliale a été multipliée par six entre 2001 (74 000 $) et 2026 (près de 500 000 $). Dans le Vieux-Limoilou, seulement 1,6 % des 8 210 logements sont des maisons unifamiliales, ce qui rend l’accès à la propriété encore plus difficile. Cette flambée des prix s’explique en partie par la crise sanitaire de 2020, qui a accéléré la demande et réduit l’offre de logements disponibles.

Témoignages de familles exclues

Plusieurs familles de la classe moyenne, comme celle du comédien Guillaume Pelletier et de sa conjointe Ève, voient leur rêve d’achat immobilier s’éloigner en raison des prix inabordables. Le couple, qui loue depuis 11 ans dans le quartier voisin de Maizerets, avait prévu acheter une propriété avant la pandémie, mais la crise sanitaire a bouleversé leurs plans. Pendant que les théâtres fermaient et que les revenus du comédien chutaient, les prix de l’immobilier explosaient. Aujourd’hui, ils envisagent de déménager à Beauport ou à Sainte-Foy, mais même dans ces secteurs, les maisons à leur portée nécessitent d’importantes rénovations. Leur situation illustre le décalage croissant entre le désir d’acheter et la capacité financière des jeunes familles.

Une réussite due à la chance

François Jean et Catherine Lavertu, un couple de la classe moyenne, ont réussi à devenir propriétaires à Limoilou grâce à un réseau d’amis influents et à une offre d’achat exceptionnelle. En 2021, des amis leur ont proposé d’acheter un condo dans le quartier sans surenchère ni courtage immobilier, une opportunité rare dans un marché aussi tendu. Leur achat, effectué en 24 heures via Messenger, leur a permis de réaliser un rêve : vivre dans un secteur dynamique tout en évitant les trajets en voiture. Cependant, ils reconnaissent que sans cette aide extérieure, leur projet aurait été impossible. Aujourd’hui, leur propriété a pris de la valeur, ce qui rendrait son achat hors de portée pour un couple de leur niveau de revenus.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs partis politiques proposent des mesures pour faciliter l’accès à la propriété, notamment pour les premiers acheteurs. La *Coalition avenir Québec* (CAQ) souhaite augmenter le crédit d’impôt pour l’achat d’une première propriété, passant de 1 400 $ à 7 000 $. Le *Parti québécois* (PQ) propose un crédit d’impôt de 3 000 $ ainsi qu’un remboursement de la *TVQ* (taxe de vente du Québec) pouvant atteindre 45 000 $. *Québec solidaire* (QS) mise sur des prêts allant jusqu’à 50 000 $ pour la mise de fonds et sur l’achat de 2 000 résidences à prix réduit. Le *Parti libéral* (PLQ) promet de rembourser 36 % de la TVQ payée sur un bien neuf, jusqu’à 10 000 $. Enfin, le *Parti conservateur* souhaite augmenter l’offre de maisons unifamiliales en assouplissant les règles de construction et en offrant des allègements fiscaux.

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