Bonne nouvelle: Donald Trump protège le climat malgré lui
Le président américain reste un climatosceptique convaincu. Mais la guerre en Iran, déclenchée par son administration, a provoqué la plus forte baisse des émissions de carbone depuis des années..
L’administration de Donald Trump, souvent critiquée pour son manque d’engagement climatique, a involontairement contribué à une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) aux États-Unis. Selon les données officielles, les émissions américaines ont diminué de 2,1 % en 2019 par rapport à 2018, atteignant leur plus bas niveau depuis 25 ans. Cette réduction s’explique principalement par une transition énergétique accélérée, bien que non souhaitée par le gouvernement. Les États-Unis restent toutefois le deuxième plus gros émetteur de GES au monde, derrière la Chine. Les émissions de CO₂ (dioxyde de carbone), principal gaz responsable du réchauffement climatique, ont reculé de 14 % depuis 2005, mais les objectifs de l’Accord de Paris de 2015 restent hors de portée sans mesures supplémentaires.
La baisse des émissions s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique et de tensions géopolitiques, notamment liées à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. En 2019, la production de pétrole américain a légèrement diminué, passant de 10,9 à 10,7 millions de barils par jour, en raison de la chute des prix du brut et des coûts d’extraction élevés. Cette situation a poussé les compagnies pétrolières à réduire leurs investissements dans de nouveaux forages, limitant ainsi les émissions liées à l’extraction et à la combustion des énergies fossiles. Paradoxalement, cette dynamique a été renforcée par les politiques protectionnistes de Trump, qui ont fragilisé l’économie américaine et réduit la demande en énergie.
Le déclin des énergies fossiles aux États-Unis est aussi accéléré par la concurrence des énergies renouvelables, devenues plus compétitives. En 2019, les États-Unis ont installé 13,6 gigawatts (GW) de nouvelles capacités solaires et éoliennes, un record historique. Les coûts de production de l’électricité solaire ont chuté de 89 % depuis 2010, tandis que ceux de l’éolien ont baissé de 70 % sur la même période. Cette transition, bien qu’encouragée par les États et les entreprises, n’est pas soutenue par l’administration Trump, qui a tenté à plusieurs reprises de freiner les subventions aux énergies vertes. Pourtant, ces dernières continuent de gagner des parts de marché, réduisant la dépendance au charbon et au gaz naturel.
Contrairement à la politique fédérale, de nombreux États américains, comme la Californie ou New York, ont adopté des lois ambitieuses pour réduire leurs émissions. Par exemple, la Californie s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2045, tandis que 24 États ont rejoint l’initiative US Climate Alliance, visant à respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Les entreprises, sous la pression des investisseurs et des consommateurs, accélèrent aussi leur transition écologique. En 2019, 181 entreprises américaines ont signé l’engagement Science Based Targets (SBTi), s’engageant à réduire leurs émissions conformément aux recommandations scientifiques. Ces dynamiques locales et privées compensent en partie le manque d’action au niveau national.
Malgré ces avancées, les émissions américaines restent élevées et les progrès pourraient être annulés par des facteurs externes. En 2020, la pandémie de *COVID-19* a provoqué une chute temporaire des émissions de 10 %, mais cette baisse est considérée comme conjoncturelle. De plus, les États-Unis restent le premier producteur mondial de pétrole et de gaz, avec une production record en 2019 (12 millions de barils par jour). Les subventions aux énergies fossiles s’élèvent encore à 20 milliards de dollars par an, selon l’Agence internationale de l’énergie (*AIE*). Enfin, les politiques fédérales de Trump, comme le retrait de l’Accord de Paris en 2017 ou la suppression de réglementations environnementales, pourraient freiner les efforts futurs si elles sont maintenues ou renforcées.

