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Géopolitique

“Combien d’autres encore ?” À l’université Cornell, une semaine de manifestations contre la culture du viol

Courrier International · mis à jour 6 oct.

Rassemblements, rencontres, sit-in… En colère contre la gestion par la direction de leur université de l’affaire du viol en réunion d’une étudiante en 2024, les élèves de la prestigieuse université Cornell ont entamé une mobilisation pour dénoncer le caractère endémique des violences sexuelles, souligne ce reportage de “USA Today”..

Mobilisation étudiante

En octobre 2026, des milliers d’étudiants, enseignants et sympathisants de l’université Cornell, située à Ithaca dans l’État de New York, ont organisé une semaine de manifestations contre la gestion par l’administration des affaires de violences sexuelles sur le campus. Ces mobilisations, incluant des rassemblements, des sit-in et des prises de parole, visaient à dénoncer la culture du viol endémique au sein de l’établissement. Les manifestants portaient des rubans violets, symbole de solidarité, et scandaient des slogans comme « Honte à vous ! » ou « Pas de justice, pas de paix ». L’une des organisatrices, Saya Taylor, a souligné que Cornell était surnommée la « fac de violeurs », mais que les étudiants pouvaient devenir des acteurs clés d’une réforme nationale. La colère des étudiants a également provoqué des actes de vandalisme, comme le bris d’une porte vitrée et des tags sur les murs d’un bâtiment universitaire.

Affaire du viol collectif

Le 16 septembre 2026, une étudiante connue sous le pseudonyme « Jane Doe » a déposé une plainte pour viol en réunion contre sept membres de la fraternité Chi Phi, survenu le 19 octobre 2024. Selon la plainte, la victime, sous l’emprise de l’alcool et de la kétamine administrée sous la contrainte, n’était pas en état d’exprimer son consentement. Les accusés et l’université avaient initialement nié les faits lors de l’enquête interne. Cette affaire a déclenché un mouvement #MeToo sur les campus américains. Le 1er octobre 2026, la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a confié à la procureure générale Letitia James le soin de reprendre l’enquête, tandis que le procureur local, Matthew Van Houten, avait déjà annoncé sa réouverture le mois précédent.

Données alarmantes

Entre 2018 et 2024, l’université Cornell a enregistré plus de 1 200 signalements d’agressions sexuelles, de violences au sein du couple et de harcèlement, selon les données communiquées aux autorités locales. Ces chiffres illustrent l’ampleur du problème des violences sexuelles sur les campus américains. Le président de Cornell, Michael Kotlikoff, a reconnu dans une vidéo publiée le 3 octobre 2026 que les accusations de « Jane Doe » étaient « profondément choquantes », qualifiant cette affaire de « tournant » pour l’établissement. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête indépendante sur la gestion de ce dossier par l’université, ainsi qu’un examen du rôle des fraternités étudiantes, souvent pointées du doigt pour leur culture de l’impunité.

Réactions institutionnelles

Face à la pression étudiante, Michael Kotlikoff a évoqué un « tournant » dans l’histoire de Cornell et promis des réformes. L’administration a annoncé la création d’une enquête indépendante sur sa gestion des affaires de violences sexuelles, ainsi qu’un examen des fraternités. Cependant, les étudiants estiment que ces mesures restent insuffisantes. Jack Huber, un étudiant de 19 ans, a critiqué le fait que l’administration ne traite pas ces violences comme un « problème endémique ». Des événements complémentaires sont prévus, comme une réunion publique organisée par Planned Parenthood Generation Action et le cursus Études féministes, genre & sexualité le 6 octobre, ou un boycott économique et un sit-in de sept heures par la section locale de la NAACP le 7 octobre. Athena Holloway, membre de la NAACP, a insisté sur le fait que « ce mouvement ne fait que commencer ».

Ce que ça pourrait changer

Les fraternités étudiantes américaines, comme *Chi Phi*, sont souvent associées à une culture de la domination masculine et de l’impunité, ce qui en fait des cibles privilégiées des mouvements féministes. Aux États-Unis, les affaires de violences sexuelles sur les campus sont un sujet récurrent de débat public, notamment depuis le mouvement #MeToo. Cornell, université prestigieuse fondée en 1865, est désormais au cœur de ces tensions. Les manifestations s’inscrivent dans une dynamique plus large de lutte contre les violences sexuelles, avec des revendications comme des formations spécifiques pour la police du campus afin de mieux accueillir la parole des victimes. Le ruban violet porté par les manifestants symbolise leur engagement dans cette cause.

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