« Un passage en force similaire à l'A69 » : contre l'A412, ils se perchent sur des engins de chantier
Le 8 septembre, deux personnes sont montées sur des engins de chantier sur le tracé de l'autoroute A412. Les opposants alertent sur l'irrégularité des premiers déboisements et veulent préserver les zones humides et agricoles du territoire.
En France, un projet d'autoroute à péage, l’A412, suscite une forte opposition locale dans le département de l’Ain. Ce projet, porté par la société A412 Développement (filiale du groupe Vinci Autoroutes), vise à relier l’autoroute A40 à celle de l’A43, en traversant des zones naturelles et agricoles. Les opposants, regroupés sous la bannière de collectifs comme Non à l’A412, dénoncent un projet inutile, coûteux et destructeur pour l’environnement. Ils comparent cette situation à un autre conflit récent, celui de l’A69 dans le Tarn, où des militants s’étaient opposés à la construction d’une autoroute jugée écologiquement néfaste.
Pour bloquer les travaux, des opposants ont adopté une stratégie spectaculaire : ils se perchent sur des engins de chantier pour en empêcher l’avancement. Cette méthode, inspirée des luttes contre l’A69, a été utilisée à plusieurs reprises en 2023 et 2024. Les militants, souvent des habitants locaux, des écologistes ou des membres d’associations comme Les Amis de la Terre, justifient ces actions par l’urgence climatique et la nécessité de protéger les écosystèmes. Les autorités locales, représentées par la préfecture de l’Ain, ont réagi en mobilisant des forces de l’ordre pour évacuer les militants, parfois dans un climat tendu.
Les opposants à l’A412 avancent plusieurs arguments pour justifier leur combat. D’abord, ils estiment que le projet est déséquilibré économiquement : le coût total est estimé à 250 millions d’euros, financé en partie par des fonds publics, alors que les bénéfices pour les usagers et l’économie locale restent incertains. Ensuite, ils soulignent son impact environnemental : le tracé traverserait des zones humides et des terres agricoles, menaçant des espèces protégées comme le crapaud vert ou des habitats naturels. Enfin, ils dénoncent un manque de concertation, critiquant l’opacité des décisions prises par les pouvoirs publics et l’entreprise Vinci.
Face à cette opposition, les autorités locales et nationales défendent le projet. La préfecture de l’Ain a autorisé les travaux en invoquant l’intérêt général, notamment la fluidification du trafic routier et la réduction des bouchons dans la région. Le projet a également reçu le soutien de certaines collectivités territoriales, comme la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui y voit un levier de développement économique. Cependant, les opposants contestent la légitimité de ces décisions, estimant qu’elles ont été prises sans consultation suffisante des citoyens et des associations environnementales.
Le conflit autour de l’*A412* s’inscrit dans une série de contentieux liés aux grands projets d’infrastructures en France. Plusieurs recours juridiques ont été déposés par les opposants, notamment auprès du tribunal administratif de Lyon, pour contester la légalité des travaux. Ces procédures pourraient retarder, voire bloquer, le projet si les juges donnent raison aux plaignants. Parallèlement, les militants continuent de mobiliser l’opinion publique via des actions médiatiques et des rassemblements, espérant faire pression sur les décideurs pour obtenir l’abandon pur et simple de l’autoroute.

